Poèmes de Alphonse Allais



Poèmes
Informations sur le poète
Ecrivain français (1855-1905) célèbre pour ses historiettes loufoques.

Alphonse Allais fut journaliste et humoriste. Il mourut frappé d'une embolie pulmonaire. Il nous reste de lui l'image d'un homme à l'humour acide et un spécialiste de la théorie de l'absurde. Il a fait partie du mouvement Fumiste, était membre du Club des Hydropathes (Les Hydropathes), fut un pilier du cabaret Le Chat Noir dont il dirigea la revue et présenta de fameuses toiles monochromes (Combat de nègres dans un tunnel noir, Récolte de la tomate sur le bord de la mer rouge par des cardinaux apoplectiques, etc.) au salon des Arts Incohérents Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques, tous ou presque écrits dans l'urgence. Poète autant qu'humoriste, il a cultivé entre autres le poème holorime, c'est-à-dire constitué de vers entièrement homophones, où la rime est constituée par la totalité du vers. Exemple :

« Par les bois du djinn où s'entasse de l'effroi, Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »
ou encore:
« Alphonse Allais de l'âme erre et se f... à l'eau. Ah! l'fond salé de la mer! Hé! Ce fou! Hallo. »
Il sait à l'occasion se moquer de lui-même, dans le vers suivant :
« Ah! Vois au pont du Loing : de là vogue en mer Dante. Hâve oiseau pondu loin de la vogue ennuyeuse »
suivi du commentaire de bas de page : La rime n'est pas très riche, mais j'aime mieux cela que de sombrer dans la trivialité.
Son art de tirer à la ligne était proverbial. Il est vrai qu'il faisait même cela avec esprit : "Il fait chaud ici, permettez que j'ouvre une parenthèse".

4 poèmes (Page 2 sur un total de 2 pages)


Nous nous étalons
Sur
des étalons.
Et
nous percherons
Sur
des percherons !

C
'est nous qui bâtons,
A
coup de bâtons,
L
'âne des Gottons
Que
nous dégottons !...
Mais
nous l'estimons
Mieux
dans les timons.
Nous
nous marions
A
vous Marions
Riches
en jambons.
Nous
vous enjambons
Et
nous vous chaussons,
Catins
, tels chaussons !
Oh
! plutôt nichons
Chez
nous des nichons !
Vite
polissons
Les
doux polissons !
Pompons
les pompons
Et
les repompons ! (...)
Du
vieuxtirons
Quelques
potirons !
Aux
doux veaux rognons
Leurs
tendres rognons,
Qu
'alors nous oignons
Du
jus des oignons ! (...)
Ah
! thésaurisons !
Vers
tes horizons
Alaska
, filons !
A
nous tes filons !
Pour
manger, visons
Au
front des visons,
Pour
boire, lichons
L
'âpre eau des lichons.
Ce
que nous savons
C
'est grâce aux savons
Que
nous décochons
Au
gras des cochons.
Oh
! mon chat, virons,
Car
nous chavirons !


Nous nous étalons
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Citations de Alphonse Allais
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Oui dès l'instant que je vous vis
Beauté
féroce, vous me plûtes
De
l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ
vous vous aperçûtes
Ah
! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il
que vous me plussiez
Qu
'ingénument je vous le disse
Qu
'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il
que je vous aimasse
Que
vous me désespérassiez
Et
qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et
que je vous idolâtrasse
Pour
que vous m'assassinassiez


Complainte amoureuse
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Le poème n’est point fait de ces lettres que je plante comme des clous, mais du blanc qui reste sur le papier.
[ Paul Claudel ] Extrait de Cinq Grandes Odes, Les Muses