Poème changeants - 3 Poèmes sur changeants


3 poèmes


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Levez les yeux ! C'est moi qui passe sur vos têtes,
Diaphane
et léger, libre dans le ciel pur ;
L
'aile ouverte, attendant le souffle des tempêtes,
Je
plonge et nage en plein azur.

Comme
un mirage errant, je flotte et je voyage.
Coloré
par l'aurore et le soir tour à tour,
Miroir
aérien, je reflète au passage
Les
sourires changeants du jour.

Le
soleil me rencontre au bout de sa carrière
Couché
sur l'horizon dont j'enflamme le bord ;
Dans
mes flancs transparents le roi de la lumière
Lance
en fuyant ses flèches d'or.

Quand
la lune, écartant son cortège d'étoiles,
Jette
un regard pensif sur le monde endormi,
Devant
son front glacé je fais courir mes voiles,
Ou
je les soulève à demi.

On
croirait voir au loin une flotte qui sombre,
Quand
, d'un bond furieux fendant l'air ébranlé,
L
'ouragan sur ma proue inaccessible et sombre
S
'assied comme un pilote ailé.

Dans
les champs de l'éther je livre des batailles ;
La
ruine et la mort ne sont pour moi qu'un jeu.
Je
me charge de grêle, et porte en mes entrailles
La
foudre et ses hydres de feu.

Sur
le sol altéré je m'épanche en ondées.
La
terre rit ; je tiens sa vie entre mes mains.
C
'est moi qui gonfle, au sein des terres fécondées,
L
'épi qui nourrit les humains.

j'ai passé, soudain tout verdit, tout pullule ;
Le
sillon que j'enivre enfante avec ardeur.
Je
suis onde et je cours, je suis sève et circule,
Caché
dans la source ou la fleur.

Un
fleuve me recueille, il m'emporte, et je coule
Comme
une veine au cœur des continents profonds.
Sur
les longs pays plats ma nappe se déroule,
Ou
s'engouffre à travers les monts.

Rien
ne m'arrête plus ; dans mon élan rapide
J
'obéis au courant, par le désir poussé,
Et
je vole à mon but comme un grand trait liquide
Qu
'un bras invisible a lancé.

Océan
, ô mon père ! Ouvre ton sein, j'arrive !
Tes
flots tumultueux m'ont déjà répondu ;
Ils
accourent ; mon onde a reculé, craintive,
Devant
leur accueil éperdu.

En
ton lit mugissant ton amour nous rassemble.
Autour
des noirs écueils ou sur le sable fin
Nous
allons, confondus, recommencer ensemble
Nos
fureurs et nos jeux sans fin.

Mais
le soleil, baissant vers toi son œil splendide,
M
'a découvert bientôt dans tes gouffres amers.
Son
rayon tout puissant baise mon front limpide :
J
'ai repris le chemin des airs !

Ainsi
, jamais d'arrêt. L'immortelle matière
Un
seul instant encor n'a pu se reposer.
La
Nature ne fait, patiente ouvrière,
Que
dissoudre et recomposer.

Tout
se métamorphose entre ses mains actives ;
Partout
le mouvement incessant et divers,
Dans
le cercle éternel des formes fugitives,
Agitant
l'immense univers.


Le nuage
Poèmes de Louise Ackermann

Citations de Louise Ackermann
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Une chauve-souris donna tête baissée
Dans un nid de belette ; et sitôt qu'elle y fut,
L'autre, envers les souris de longtemps courroucée,
Pour la dévorer accourut.
" Quoi ? vous osez, dit-elle, à mes yeux vous produire,
Après que votre race a tâché de me nuire !
N'êtes-vous pas souris ? Parlez sans fiction.
Oui, vous l'êtes, ou bien je ne suis pas belette.
- Pardonnez-moi, dit la pauvrette,
Ce n'est pas ma profession.
Moi souris ! Des méchants vous ont dit ces nouvelles.
Grâce à l'auteur de l'univers,
Je suis oiseau ; voyez mes ailes :
Vive la gent qui fend les airs ! "
Sa raison plut, et sembla bonne.
Elle fait si bien qu'on lui donne
Liberté de se retirer.
Deux jours après, notre étourdie
Aveuglément se va fourrer
Chez une autre belette, aux oiseaux ennemie.
La voilà derechef en danger de sa vie.
La dame du logis avec son long museau
S'en allait la croquer en qualité d'oiseau,
Quand elle protesta qu'on lui faisait outrage :
" Moi, pour telle passer ! Vous n'y regardez pas.
Qui fait l'oiseau ? c'est le plumage.
Je suis souris : vivent les rats !
Jupiter confonde les chats ! "
Par cette adroite repartie
Elle sauva deux fois sa vie.

Plusieurs
se sont trouvés qui, d'écharpe changeants,
Aux dangers, ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue.
Le sage dit, selon les gens,
" Vive le roi ! vive la ligue ! "
La Chauve-souris et les deux Belettes
Poèmes de Jean de La Fontaine

Citations de Jean de La Fontaine
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