Les nouveaux poèmes

Publiées le dimanche 05 février 2012 sur Dico - Poésie.

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Nous nous étalons
Sur des étalons.
Et nous percherons
Sur des percherons !

C'est nous qui bâtons,
A coup de bâtons,
L'âne des Gottons
Que nous dégottons !...
Mais nous l'estimons
Mieux dans les timons.
Nous nous marions
A vous Marions
Riches en jambons.
Nous vous enjambons
Et nous vous chaussons,
Catins, tels chaussons !
Oh ! plutôt nichons
Chez nous des nichons !
Vite polissons
Les doux polissons !
Pompons les pompons
Et les repompons ! (...)
Du vieux Pô tirons
Quelques potirons !
Aux doux veaux rognons
Leurs tendres rognons,
Qu'alors nous oignons
Du jus des oignons ! (...)
Ah ! thésaurisons !
Vers tes horizons
Alaska, filons !
A nous tes filons !
Pour manger, visons
Au front des visons,
Pour boire, lichons
L'âpre eau des lichons.
Ce que nous savons
C'est grâce aux savons
Que nous décochons
Au gras des cochons.
Oh ! mon chat, virons,
Car nous chavirons !

Nous nous étalons Sur des étalons
[ Alphonse Allais ]

Nous nous étalons

Chaque fois que les gens découvrent son mensonge,
Le châtiment lui vient, par la colère accru.
" Je suis cuit, je suis cuit ! " gémit-il comme en songe.

Le menteur n'est jamais cru.

Chaque fois que les gens découvrent son mensonge
[ Alphonse Allais ]

Le châtiment de la cuisson appliqué aux imposteurs

Oui dès l'instant que je vous vis

Beauté féroce, vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Ah ! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le disse
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez

 

Oui dès l'instant que je vous vis Beauté féroce, vous me plûtes
[ Alphonse Allais ]

Complainte amoureuse


    J'ai porté ton amour au cœur comme un couteau,
    Il ne m'a pas laissé même de cicatrice.
    La solitude en moi revient, dominatrice :
    Peut-être t'ai-je aimée ou trop tard ou trop tôt.

     

    Maintenant l'amitié, plus triste que la haine,
    Sans doute pour toujours nous unit sans frisson.
    Tes yeux ne brûlent plus mon âme de garçon,
    Et je te tiens la main sans plaisir et sans peine.

     

    Mon désir s'était pris aux fils de tes cheveux.
    Mais ta proie est perdue, et plus rien ne t'en reste
    Qu'une âme sans élan dans une chair sans geste.
    L'amour est mort : demeure... Ou va t'en si tu veux.
 

J'ai porté ton amour au cœur comme un couteau
[ Lucie Delarue-Mardrus ]

Fin

Le souvenir dansant de toutes tes aimées
Rode en silence auprès de mon cœur plein d'effroi.
Malgré la nuit de joie et ses portes fermées,
Je ne suis pas seule avec toi.

Doucement prise au pli sublime des étoffes,
Ma sombre passion gémit dans tes genoux ;
Mais, au rythme muet de nos charnelles strophes,
Gomorrhe brûle autour de nous !...

Je ne pleurerai pas le remords des damnées.
Je pleurerai de voir, trésor irrespecté,
Dans tes mains sans ferveur et sans virginité
Toutes mes richesses données.

Le souvenir dansant de toutes tes aimées
[ Lucie Delarue-Mardrus ]

Sanglot