Poèmes de Charles Baudelaire



Poèmes
Informations sur le poète
Poète et critique français (1821-1867) qui, avec les Fleurs du mal, s'est fait le chantre de la «modernité».

33 poèmes (Page 2 sur un total de 17 pages)


Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur
, Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Élévation
Poèmes de Charles Baudelaire

Citations de Charles Baudelaire
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Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même
quand elle marche on croirait qu'elle danse,
Comme
ces longs serpents que les jongleurs sacrés
Au
bout de leurs bâtons agitent en cadence.

Comme
le sable morne et l'azur des déserts,
Insensibles
tous deux à l'humaine souffrance,
Comme
les longs réseaux de la houle des mers,
Elle
se développe avec indifférence.

Ses
yeux polis sont faits de minéraux charmants,
Et
dans cette nature étrange et symbolique
l'ange inviolé se mêle au sphinx antique,

tout n'est qu'or, acier, lumière et diamants,
Resplendit
à jamais, comme un astre inutile,
La
froide majesté de la femme stérile.
Avec ses vêtements ondoyants et nacrés
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Le poème n’est point fait de ces lettres que je plante comme des clous, mais du blanc qui reste sur le papier.
[ Paul Claudel ] Extrait de Cinq Grandes Odes, Les Muses