Poème : poeme de l'amour. - 176 poeme (s) - dico poesie
176 poèmes (Page 21 sur un total de 36 pages)
<1819202223
Les mots sans qu'on les craigne ont d'effrayants pouvoirs,
Ils sont les bâtisseurs hasardeux des pensées,
L'âme la plus puissante est parfois dépassée
Par ces rêves actifs que l'on voit se mouvoir.
- Laissons se balancer dans leur ombre décente
L'excessive tristesse et l'excessif besoin !
Confions le secret ou la hâte oppressante
Au silence sacré qui ne les livre point.
Un souvenir dormant cesse d'être coupable,
Tout ce qui n'est pas dit est innocent et vrai;
S'il consent à garder sa face sombre et stable
Le mensonge lui-même est un noble secret.
Ô Vérité tentante et qu'il faut qu'on esquive,
Monacale pudeur, effort, renoncement,
Sainteté des torrents retenant leur eau vive,
Solitude du coeur et de la voix qui ment !
Tendresse de la main qui parcourt et qui lisse
La vie atténuée et calme des cheveux,
Tandis que le désir se prive du délice
De déchaîner l'orage éloquent des aveux
Résolution pure, auguste et difficile
De n'accaparer pas l'esprit avec le corps,
De rester étrangers, pour que le plus fragile
Ne soit pas prisonnier de l'ineffable accord !
Feintise d'être heureux en dehors de l'ivresse,
Accommodation aux paisibles instants :
Plus que les cris, les pleurs, les secours, les caresses,
Vous êtes le mérite insondable et constant !
[ Poème de l'amour ]
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Citations de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Livres de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Donner votre avis
Imprimer le poème
| Envoyer à un ami
Les vers que je t'écris ne sont pas d'Orient,
Je ne t'ai pas connu dans de beaux paysages,
Je ne t'ai vu mobile, anxieux ou riant,
Qu'en des lieux sans beauté qu'animait ton visage.
Tout le tragique humain je l'ai dit simplement,
Comme est simple ta voix, comme est simple ton geste,
Comme est simple, malgré son fastueux tourment,
Mon invincible esprit que ton oeil rend modeste.
Mon front méditatif, et qui porte le poids
De sentir s'emmêler à mes pensers les astres,
Te bénit pour avoir appris auprès de toi
Le rêve resserré et les humbles désastres.
Et si ton innocent et rayonnant aspect
Ne m'avait longuement imposé son mirage,
Je n'aurais pas la vive et misérable paix
Qui préserve mes jours des douleurs sans courage...
[ Poème de l'amour ]
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Citations de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Livres de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Donner votre avis
Imprimer le poème
| Envoyer à un ami
Lorsque je souffre trop de ton brillant visage,
Quand mon coeur asservi ne peut plus te quitter,
Je songe qu'autrefois de lointains paysages,
Des ports et leurs vaisseaux, de fameuses cités
M'éblouissaient ainsi; mon désir irrité
Croyait ne pas pouvoir vivre sans ces rivages...
Je n'en eus plus besoin quand je les eus chantés.
[ Poème de l'amour ]
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Citations de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Livres de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Donner votre avis
Imprimer le poème
| Envoyer à un ami
Lorsque l'on n'aime pas, l'on devine, l'on sait
Les mérites d'un autre coeur,
L'on juge exactement, et, si l'on haïssait,
L'on rendrait encor quelque honneur.
Mais l'amour, recherchant l'extrême ressemblance,
Ne peut jamais se satisfaire,
Il tient en vacillant la secrète balance
Où se nuit un double mystère...
[ Poème de l'amour ]
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Citations de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Livres de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Donner votre avis
Imprimer le poème
| Envoyer à un ami
Lorsque tu ne seras, dans quelque humble retraite,
Qu'un homme vieux et fatigué;
Lorsque sera terni le charme que te prête
Ton beau sourire triste et gai;
Quand ton oeil studieux dont la langueur observe,
Et même semble discuter,
N'aura plus sa rêveuse et vigilante verve,
Et son bleu calice éclaté,
Quand nul ne fera plus tinter à ton oreille
L'éloge que tu réclamais,
Songe, ô futur cadavre, éphémère merveille,
Avec quel excès je t'aimais !
Rappelle à ton orgueil, s'il souffre et s'inquiète,
Que c'est moi-même, et non pas toi,
Qui voulus, rapprochant sournoisement nos têtes,
Ce baiser tendre, humide et droit,
Cet unique baiser qui met en équilibre
Deux visages encore errants,
Et qui ne m'a jamais plus permis d'être libre,
En mon coeur vivace et mourant...
[ Poème de l'amour ]
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Citations de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Livres de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Donner votre avis
Imprimer le poème
| Envoyer à un ami



