Poème : poeme de l'amour. - 176 poeme (s) - dico poesie
176 poèmes (Page 1 sur un total de 4 pages)
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Il n'est pas un instant où près de toi couchée
Dans la tombe ouverte d'un lit,
Je n'évoque le jour où ton âme arrachée
Livrera ton corps à l'oubli. [...]
Quand ma main sur ton coeur pieusement écoute
S'apaiser le feu du combat,
Et que ton sang reprend paisiblement sa route,
Et que tu respires plus bas,
Quand, lassés de l'immense et mouvante folie
Qui rend les esprits dévorants,
Nous gisons, rapprochés par la langueur qui lie
Le veilleur las et le mourant,
Je songe qu'il serait juste, propice et tendre
D'expirer dans ce calme instant
Où, soi-même, on ne peut rien sentir, rien entendre
Que la paix de son coeur content.
Ainsi l'on nous mettrait ensemble dans la terre,
Où, seule, j'eus si peur d'aller ;
La tombe me serait un moins sombre mystère
Que vivre seule et t'appeler.
Et je me réjouirais d'être un repas funèbre
Et d'héberger la mort qui se nourrit de nous,
Si je sentais encor, dans ce lit des ténèbres,
L'emmêlement de nos genoux...
[ Poème de l'amour ]
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| Envoyer à un ami
Le temps n'a pas toujours une égale valeur,
Tu cours et je suis immobile,
Je t'attends; cela met quelque chose en mon coeur
De frénétique et de débile !
J'entame avec l'instant un infime combat
Que départage le silence.
L'heure, qui tout d'abord semblait me parler bas,
Frappe soudain à coups de lance.
Elle semble savoir, et garder son secret,
Le destin se confie à elle;
On ne pénètre pas dans cette ample forêt
Où rien n'est promis ni fidèle !
- Puisque la passion, en son sauvage trot,
Gaspille sa richesse amère,
Révérons ces instants de la vie éphémère
Dont chacun nous semblait de trop !
Attendre: épuisement sanglant de l'espérance,
Tentative vers le hasard,
Hâte qui se prolonge, indécise souffrance
De savoir s'il est tôt ou tard !
Impatience juste, exigeante et soumise,
À qui manque, pour bien lutter,
Le pouvoir défendu de refaire à sa guise
L'univers puissant et buté !
- Certes, mon coeur ne veut te faire aucun reproche
Des minutes que tu perdais;
Tu me savais vivante, active, sûre et proche,
Moi, cependant, je t'attendais !
Sans doute la démente et subite tristesse
Qui se mêle aux jeux éperdus
Est le profond sanglot refoulé que nous laisse
La douleur d'avoir attendu !...
[ Poème de l'amour ]
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| Envoyer à un ami
À présent que j'ai bien connu
Ton visage calme et suave,
Et, dans leur repos triste et brave,
L'allongement de tes doigts nus,
Comment voudrais-tu qu'autre chose
Ne provoquât pas mon dédain ?
Comment aimer encor la rose
Vaine et fringante des jardins ?
Comment goûter avec folie,
Comme je faisais autrefois,
Les grandes feuilles amollies
Qui forment le dôme des bois ?
Comment vanter l'azur ? Ah! puis-je
Chanter,encor les vastes cieux,
Moi qui chancelle du vertige
De voir, dans le bleu de tes yeux,
Le profond espace !
Ô prunelles
Anxieuses, au fond desquelles
Tournoie une noire hirondelle...
[ Poème de l'amour ]
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| Envoyer à un ami
À quoi veux-tu songer? À toi. Songeons à toi.
Non, je ne juge pas ton amer caractère;
Rien de ton coeur serré ne me parait étroit
Si sur toi j'ai plié mon amour de la terre,
Mon amour des humains, de l'infini, des cieux,
Ma facile allégresse à répandre ma vie,
À rejoindre d'un bond, par les ailes des yeux,
L'éther qui m'appartient et dont tous ont envie !
Qu'y a-t-il de plus sûr et de meilleur que toi,
Ou, du moins, que l'amour brisant que tu m'inspires ?
- Le souci, les regrets, la mort sous tous les toits,
L'ambition qui râle et l'ennui qui soupire ! -
Moi je suis à l'abri ! Je n'ai, pour me tuer,
Pour me faire languir, pour créer ma détresse,
Que l'anxieux regard dans tes yeux situé,
Que l'accablant désert où souvent tu me laisses.
C'est assez ! Ah ! c'est trop ! Ou bien c'est suffisant !
Ces suprêmes chagrins m'ont d'autres maux guérie;
Et quelquefois je sens se réjouir mon sang
Quand tu ris comme l'eau dans la fraîche prairie !
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| Envoyer à un ami
Ah! j'avais bien raison de craindre
Le mol printemps et sa douceur !
Le beau soir tiède a ta tiédeur.
Tout est humain, tout semble peindre,
Par l'azur, le rêve, l'odeur,
Ta personne.
Dans le silence
Envahissant, mouvementé,
De ce soir proche de l'été,
C'est ta grâce qui se balance.
Et le vent chaud sur le chemin
Ô désir! mémoire ! espérance !
À la vive et secrète aisance
Des belles veines de tes mains
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| Envoyer à un ami
Ai-je imprudemment souhaité
Guérir de toi ? Quelle ignorance
M'irritait contre ma souffrance !
- Ah ! Que rien ne me soit ôté
De la détresse qui me cache
Le passé, le lendemain !
Sois La seule chose que je sache
Et qui blesse ! Rien ne déçoit
Dans la sombre et féconde ivresse
D'un désir encore ascendant.
- Lèvres rêveuses sur les dents,
Regard qui se meut ou se pose,
Gardez votre pouvoir ardent,
Vous qui, dans une chambre close,
Par le souvenir obsédant,
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| Envoyer à un ami
Aimer, c'est de ne mentir plus.
Nulle ruse, n'est nécessaire
Quand le bras chaleureux enserre
Le corps fuyant qui nous a plu.
- Crois à ma voix qui rêve et chante
Et qui construit ton paradis.
Saurais-tu que je suis méchante
Si je ne te l'avais pas dit ?
- Faiblement méchante, en pensée,
Et pour retrouver par moment
Cette solitude sensée
Que j'ai reniée en t'aimant !
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| Envoyer à un ami
Ami parmi tous les amis,
De quoi voudrions-nous nous plaindre ?
Aucun destin n'est compromis
Si l'amitié n'a pu s'éteindre.
Tu penses que seuls les amants,
Par la hâte et par les délices,
Ignorent le dolent supplice
De l'immense désoeuvrement;
Crois-tu que les corps et les bouches
Rendent le bonheur plus entier ?
La passion, dès qu'on y touche
Et qu'on l'observe, fait pitié !
- Accepte d'un coeur moins farouche
La tristesse de l'amitié...
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| Envoyer à un ami
Amour, pourquoi toujours mêler ton nom divin
À la mort sombre et négative ?
Toi seul es évident, tout autre espoir est vain,
Rien n'est rien, hormis ceux qui vivent.
Toi seul poses l'empreinte allègre de tes pas
Sur la cruelle et sourde terre.
Tout est brutal et froid. - Toi seul es un mystère,
Puisque la mort n'existe pas !...
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| Envoyer à un ami
Amour, pourquoi toujours mêler ton nom divin
À la mort sombre et négative ?
Toi seul es évident, tout autre espoir est vain,
Rien n'est rien, hormis ceux qui vivent.
Toi seul poses l'empreinte allègre de tes pas
Sur la cruelle et sourde terre.
Tout est brutal et froid. - Toi seul es un mystère,
Puisque la mort n'existe pas !...
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| Envoyer à un ami
Aucun jour je ne me suis dit
Que tu pouvais être mortel.
Tu ressembles au paradis,
À tout ce qu'on croit éternel !
- Mais, ce soir, j'ai senti, dans l'air
Humide d'un parc triste et blême,
La terreuse odeur des asters
Et du languissant chrysanthème...
Quoi ! tu peux mourir ! - et je t'aime !
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| Envoyer à un ami
Automne pluvieux, mélancolique automne,
Remets cet ami dans mes bras !
Que m'importent ton eau, tes râles monotones,
Ton dépit, ton sombre embarras,
Si, dédaignant soudain tes humides rafales,
Je retrouve le tiède été
Près d'un corps chaleureux, et que mon front s'installe
Dans la douceur de son côté !
- Grâce d'un calme flot épandu dans une anse
Qui le limite et le détient !
Partage, ô mon amour, le délassant silence
De mon être réduit au tien...
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| Envoyer à un ami
Azuré, faible, blessé
Par le couteau de l'automne,
L’été se meurt, affaissé
Dans l’éther qui l'abandonne.
C'est un jour étroit. - Refus
D’opulence et de bien-être !
- Mon amour, toi qui ne fus
Que tel que tu pouvais être,
Sans rien au delà de toi,
Sans effort contre toi-même,
Sans ce frémissant émoi
Dont s’accroît celui qui aime,
Ce beau soir intelligent,
Aux couleurs nettes et ternes,
Ressemble à ton coeur d’argent !
Qui n'a ni chaleur ni cerne.
- C'est un beau morceau pensant
D’azur glacial et juste;
Mais pour ce sang bondissant,
Pour ce coeur vraiment auguste,
Mais pour cet esprit royal
Qui, disposant du mystère,
Avait dans ton poing frugal
le sceptre de la terre,
Était-ce vraiment assez,
Vraiment la comble mesure
De ma bachique blessure,
Ce pauvre amour que tu sais ?
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| Envoyer à un ami
Bien peu de coeurs sont désirants,
Un tiède destin les rassure,
Ils goûtent les faibles mesures,
Les jours égaux, prévus et francs,
L'avenir calme et sans ardeur.
- Il faut plaindre les donateurs !
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| Envoyer à un ami
C'est l'hiver, le ciel semble un toit
D'ardoise froide et nébuleuse,
Je suis moins triste et moins heureuse.
Je ne suis plus ivre de toi !
Je me sens restreinte et savante,
Sans rêve, mais comprenant tout.
Ta gentillesse décevante
Me frappe, mais à faibles coups.
Je sais ma force et je raisonne,
Il me semble que mon amour
Apporte un radieux secours
À ta belle et triste personne.
- Mais lorsque renaîtra l'été
Avec ses souffles bleus et lisses,
Quand la nature agitatrice
Exigera la volupté,
Ou le bonheur plus grand encore
De dépasser ce brusque émoi,
- Quand les jours chauds, brillants, sonores
Prendront ton parti contre moi,
Que ferai-je de mon courage
À goûter cette heureuse mort
Qu'au chaud velours de ton visage
J'aborde, je bois et je mords ?...
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| Envoyer à un ami
Ce fut long, difficile et triste
De te révéler ma tendresse;
La voix s'élance et puis résiste,
La fierté succombe et se blesse.
Je ne sais vraiment pas comment
J'ai pu t'avouer mon amour;
J'ai craint l'ombre et l'étonnement
De ton bel oeil couleur du jour.
Je t'ai porté cette nouvelle!
Je t'ai tout dit! je m'y résigne;
Et tout de même, comme un cygne,
Je mets ma tête sous mon aile...
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| Envoyer à un ami
Ce n'est pas cet excès qui m'enivre et m'accable
Qui te rend si cher à mon coeur;
La passion déçoit, tant le sort est instable;
L'on souhaite en être vainqueur;
Mais il est des moments oisifs comme des palmes
Qui rendent légers et contents,
Et je m'attache à toi par ces jours lents et calmes
Où je ne t'aime pas autant...
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| Envoyer à un ami
Ce n'est pas lorsque tu semblais
Indifférent, distrait et morne,
Que mon âme se dépeuplait
De sa ténacité sans borne.
- Mais parfois plus doux, plus aimant,
Riant, reprenant confiance
Et me regardant clairement,
Tu me tuais par l'espérance...
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| Envoyer à un ami
Ce n'est pas une tendre chose
D'aimer! L'instinct dévorateur
Pille l'âme, les yeux, l'odeur,
Et puis, lassé, il se repose.
- Et l'on regarde doucement
Ce qui causa tant de souffrance !
Et l'on est bon, l'on rit, l'on ment,
L'on évite tous les tourments
À ce faible et fragile amant,
À cause de l'indifférence...
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| Envoyer à un ami
Ce n'est peut-étre pas le tribut que réclame
Un coeur profond et délicat,
Cet amour allongé qui vient comme une lame
Frapper la rive avec fracas.
Ne pouvant pas comprendre et juger ce qu'on aime,
On ne fait que doubler son coeur;
On est comme on voudrait que l'on fût pour soi-même;
Mais l'abondance a ses erreurs !
- Ne livrons pas à ceux qu'un faible élan contente
L'univers que nous possédons;
Transmettre, en exultant, l'espace qui nous hante
Est un fardeau autant qu'un don.
La passion contient l'amour avec la hargne,
Et son orage est maladroit
Peut-être faudrait-il que parfois l'on épargne
Les coeurs étonnés d'être étroits !
Déguisons la fierté de nous sentir prodigues;
- Que pèse notre orgueil du feu
Devant la pauvreté de notre être qui brigue
La faveur d'obtenir un peu !
Devenons attentifs à ces âmes choisies
Que l'on goûte à travers leurs corps
Contraignons, en souffrant, l'altière fantaisie,
- Aimer moins est si fort encor !
Il n'est pas, pour nouer une divine attache,
Que ces excès mal assainis.
- Mais vraiment, se peut-il qu'auparavant l'on sache
Que l'on blesse par l'infini ?
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| Envoyer à un ami
Ce qu'on tolère mal dans un amour extrême
C'est qu'un être soit ce qu'il est;
Insidieusement on le détruit, - on aime
Plus âprement que l'on ne hait !
On voudrait adapter à son âme diverse
Cet humain subtil et puissant.
Qui peut se ressembler? Et même si l'on verse
Ensemble le trésor du sang !
Pourquoi ce harassant et douloureux effort ?
Quel est le lien qu'on réclame,
Si l'un a l'ignorant sortilège du corps,
Et l'autre l'invincible flamme ?...
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| Envoyer à un ami
Ce que je voudrais? Je ne sais.
Je t'aime de tant de manières
Que tu peux choisir. Fais l'essai
De ma tendresse nourricière.
Chaque jour par l'âme et le corps
J'ai renoncé quelque espérance,
Et cependant je tiens encor
À mon amoureuse éloquence,
À cet instinct qui me soulève
De combler d'amour ta torpeur
Et tandis que ton beau corps rêve,
Je voudrais parler sur ton coeur...
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| Envoyer à un ami
Certes j'aime ce que je pense
La force éparse des idées
Me semble par mon coeur aidée !
J'espère, je crois, je dépense
Mes ailes aux amples coudées.
Le front brûlant, l'âme obsédée,
Je puis mourir de turbulence.
- Mais toi seul est ma récompense...
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| Envoyer à un ami
Certes tu n'étais pas créé pour moi, cher être,
Mais je le croyais, par désir !
Ma raison disait: non; mon coeur disait: peut-être !
Et l'on tâche à ne pas mourir !
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| Envoyer à un ami
Ceux qui, hors du rêve et des transes
Par quoi le souffle est empêché,
Goûtent d'heureuses impudences,
Semblent par le sort protégés.
Nul dieu jaloux n'est attaché
A punir leur insouciance,
- Et peut-être que la souffrance
Est l'unique et sombre péché.
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| Envoyer à un ami
Combien de fois aurais-je dû
Me sentir lasse et sans courage !
Mais mon coeur n'a jamais perdu
Son désir pour ton beau visage.
Dans mon puissant amour tu n'as
Vu que ma douceur de colombe;
Pourtant je veux que sur ma tombe
L'on inscrive: Elle s'obstina...
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| Envoyer à un ami
Comprends que je déraisonne,
Que mon coeur, avec effroi,
Dans tout l'espace tâtonne
Sans se plaire en nul endroit...
Je n'ai besoin que de toi
Qui n'as besoin de personne!
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| Envoyer à un ami
Crois-moi, ce n'est pas aisément
Que l'on supporte un beau visage :
Il peut dispenser le tourment
Que confère un clair paysage.
- Je sais la coalition,
L'alliance, la connivence
De ton regard sans passion
Et de ta lèvre qui s'avance.
Et pourtant nul ne dépérit,
Sauf moi, de cette grâce étrange
Où ton oeil triste se mélange
Avec ta bouche qui sourit...
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| Envoyer à un ami
C’est d'une adresse humble et savante
De t'avoir aimé de la sorte,
Car, par mon coeur qui se transporte
En ta force heureuse et mouvante,
Je ne vis plus d'être vivante,
Et ne mourrai pas d'être morte !
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| Envoyer à un ami
Dans les instants où je dors,
Jetée au fond des ténèbres,
Je ressens la paix funèbre
D'être une morte, et toi mort.
Mais, hélas ! ô ma merveille,
Toi si débordant, si beau,
Comme brisant un tombeau
Tu revis quand je m'éveille !
Tout mon être en est blessé,
Et, baissant mon front hagard,
Je médite ton regard
Je recommence à penser...
- Au fond des bagnes, sans doute,
Le pauvre forçat écoute,
Sous le soleil dont il meurt,
Une sournoise rumeur...
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| Envoyer à un ami
Dans les ténèbres de Vérone
On entend mourir Juliette.
À Venise, - ardente, inquiète,
On voit suffoquer Desdémone.
Envions le cœur qui s'arrête
Quand un excès d'amour l'étonne
Le plaisir n'est que ce qu'on prête,
Mais la vie est ce que l'on donne...
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| Envoyer à un ami
Demeure craintif, raisonnable,
Détourne-toi de ma bonté.
Que ce soit bien toi qui m'accables.
- Et refuse la volupté
Que t'offre mon coeur, irrité
Par sa cruauté charitable...
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| Envoyer à un ami
En ce moment tu ne sais pas
La force que je t'ai donnée.
- Quel jour, quelle heure, quelle année,
À ton midi; à ton trépas,
À quel point de ta destinée
Concevras-tu, triste, effrayé,
Que tu n'as pas su voir briller
Ce grand amour de douce louve
Que jamais plus on ne retrouve ?
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| Envoyer à un ami
En ton absence je ne puis
Être plus ou moins seule. Aucune
Voix qui console, aucun appui
N'atténuerait mon infortune;
Il faudrait qu'un autre être soit,
Qu'il brille à mes yeux! qu'il s'oppose
À ton image, à tes exploits !
Mais pourquoi l'espérer? Pourquoi ?
- Implacable métamorphose,
Dans mon esprit actif, adroit,
C'est toi seul qui redeviens toi !
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| Envoyer à un ami
En vain la peur d'un joug tendre et fatal
Vient m'adjurer d'être de toi guérie:
Un corps, aimé est comme un lieu natal,
Un vif amour est comme une patrie !
Je ne veux plus occuper ma raison
À repousser ta permanente image.
J'attends ! - Parfois la plus chaude saison
Boit la fraîcheur du survenant orage.
- Mais quand ma vie au souhait insistant
Est par ta voix jusqu'aux veines mordue,
J'arrache un cri à mon coeur haletant,
Comme un poignard dont la lame est tordue...
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| Envoyer à un ami
Enfin je puis ne plus épier le printemps !
Je cesse d'écouter, d'une oreille attentive,
Ce frémissant secret qui soulève et ravive,
Et dont j'ai vénéré le bruit sourd et montant !
Je puis me reposer de la tâche royale
De recueillir avec des sens religieux
L'appel de la nature aux trompeuses cymbales,
Qui veut relier l'homme à d'inutiles cieux !
L'univers n'a plus rien qu'il m'ôte ou qu'il m'apporte,
Mon être est à l'écart de ses jeux décevants,
Dans un tombeau sacré je suis comme une morte,
Et ma vie est encore en pleurs dans un vivant !
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| Envoyer à un ami
Enfin la première nuit froide
Plus de vents dansants, amollis.
L'atmosphère est tendue et roide,
Le beau ciel d'argent dépoli
Allonge sa paix où se creuse
Le puits des étoiles neigeuses.
- Va-t-il enfin me protéger,
Ce climat soudain sans tendresse,
De ton beau visage étranger
Sur lequel mon amour s'abaisse
Comme ces oeillets las, déteints,
Qu'englobent les pleurs du matin ?...
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| Envoyer à un ami
Éros
- Les volets, les rideaux, les portes
Ont protégé notre bonheur;
Mais, ô mon amie, ô ma morte,
Toi qui meurs, qui vis et remeurs,
En ce moment où monte à peine
Ta lasse respiration,
Que fais-tu de ta passion ?
Quel est ton plaisir ou ta peine ?
Écho
- Ne demande rien, mon amour;
Ne bouge pas, reste en ta place;
Que ta suave odeur tenace
M'ombrage de son net contour.
Je ne pense à rien, je suis telle
Que quelque mourante immortelle
Qui sent en son coeur tournoyer
Les flèches qui l'ont abattue,
Et sans pouvoir tuer la tuent.
- Dans cette ivresse de souffrir
Avec complaisance, ô prodige !
J'observe aux confins du vertige
La stupeur de ne pas mourir...
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| Envoyer à un ami
Es-tu bon ? Oui, puisque je t'aime
Et que tu vis. Je puis tenir
Tout acquiescement de toi-même :
L'amour n'a pas d'autre problème
Que d'autoriser le désir...
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| Envoyer à un ami
Fais ce que tu veux, désormais.
Va-t-en, reviens, ne viens jamais !
- Mon coeur, qui lentement déchoit,
Fait semblant de t'offrir ce choix;
Pourtant, je sais bien, tu le penses !
Que tu n'as nulle obéissance...
- Je devrais, en ces sombres jours,
Songer aux poignantes amours
Qu'en des fronts plus purs je suscite.
Mais il n'est pas de réussite
Contre ces guerriers bien armés
Qui, massés dans mon coeur qui rêve,
Sans égards, sans pitié, sans trêve,
Me contraignent tous à t'aimer...
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| Envoyer à un ami
Faut-il que tu sois juste aussi,
Étant vivace et délectable ?
Le soleil même, ample et précis,
Délaisse la rose ou l'érable;
- Qu'appelle-t-on être équitable ?
Peux-tu nourrir également
Toutes les âmes qui t'appellent ?
Dédaigne leurs tendres querelles :
Être aimé, c'est être clément.
- Que l'on vive en ta dépendance !
Quels sont ces vaniteux, ces rois,
Ces coeurs jaloux, ces fronts étroits,
Ces corps dépouillés de prudence
Qui se dirigent sans effroi
Vers cette aride pénitence
De s'être fâchés avec toi ?...
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| Envoyer à un ami
Il est doux d'aimer faiblement,
Quand, ayant vaincu sa puissance,
L'amour dès son commencement
Ressemble à la convalescence.
Quand on songe à ce qu'eût été
Cette tempête meurtrière,
Et qu'à présent, malgré l'été,
Malgré la chaleur, la lumière,
Malgré la musique, malgré
Ce point fascinant d'un visage,
On a doucement enterré,
Entre l'ardeur et le courage,
- Noirs cyprès d'un clair paysage
Le désir dans un tombeau sage...
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| Envoyer à un ami
Il faudra bien pourtant que le jour vienne, un jour,
Où je ne pourrai plus t'aimer,
Où mon coeur sera dur, mon esprit sombre et sourd,
Ma main froide et mes yeux fermés !
Cet inutile effort pour ne pas te quitter,
Ce vain espoir de vivre encor,
L'horreur de déserter ma place à ton côté,
C'est cela, rien d'autre, la mort !
Ce n'est plus cette angoisse et ce scandale altier.
De sombrer dans un noir séjour,
De ne plus se sentir robuste et de moitié
Dans tous les mouvements du jour !
Ce n'est plus ce regret et ce décent orgueil
D'adresser aux cieux constellés
L'adieu méditatif et stupéfait d'un oeil
Qui fut à leurs astres mêlé,
- Mais n'être plus, parmi les humains inconnus,
Qui vont chacun à leur labeur,
La main forte et fidèle où tes doigts ont tenu,
Le sein où s'est posé ton coeur;
N'être plus le secret qui dit: C'est moi qui prends
Ce qui te tourmente et te nuit;
N'être plus ce désir anxieux et souffrant
Qui songe à ton sommeil, la nuit;
N'être plus ce brasier, qui tient ses feux couverts,
Dont parfois tu n'as pas besoin !
Hais qui saurait t'offrir un brûlant univers,
Si tes voeux réclamaient ce soin.
N'avoir plus, - ayant tout acquis et possédé,
- Cette tâche, modeste enfin,
De pouvoir, sans emphase, être prête à t'aider
Quand ton esprit a soif et faim,
Voilà ce qui m'effraie et comble de douleur
Une âme à présent sans fierté.
Car j'ai vraiment rendu de suffisants honneurs
Aux cieux inhumains de l'été !...
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| Envoyer à un ami
Il fut un temps où, turbulente,
Sous les yeux des astres divins,
Grave, ignorant que tout est vain,
J'exigeais de rester vivante.
Aujourd'hui j'aspire au début
D'une éternelle somnolence,
Morte mille fois d'avoir bu
Tous les poisons dans ton silence...
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| Envoyer à un ami
Il n'est pas vrai qu'on soit orgueilleux d'aimer tant,
Et que d'un oeil d'aigle on regarde
Les passants affairés, indifférents, contents,
Noyés de lumière blafarde.
Il n'est pas vrai qu'un grave et poignardant amour
Isole noblement le rêve;
Nul ne dit les combats dont l'assaille sans trêve
Le désir, conflit sombre et sourd !
Il n'est pas vrai que l'âme altière et transportée
Bénisse son cruel fardeau.
Même si l'on paraît éblouie et hantée,
L'on ne vit qu'en courbant le dos.
Comment se réjouir d'avoir livré sa chance
À l'étranger vague et secret
Qui, selon sa rieuse ou grave nonchalance,
Nous emmêle à son sort distrait ?
- Ah! pouvoir n'aimer pas celui qu'on aime ! N'être
Pas l'esclave d'un beau vivant !
Vivre libre, espérer, choisir, vouloir, connaître !
Fendre l'azur comme le vent !
Ne pas être liée avec de durs cordages,
Secs et fermés comme des poings,
Au charme inévitable et fortuit d'un visage,
Qu'on eût pu ne rencontrer point !
N'avoir pas transféré sa digne solitude,
Unique et nombreuse à la fois,
Dans un corps dont les yeux, la voix, la lassitude
Semblent sacrés ou bien narquois !
Ne pas être obligée à constater sans cesse
Que rien ne nous est plus soumis,
Et que, ne nous laissant qu'une atroce paresse,
Notre coeur bat dans l'ennemi !...
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| Envoyer à un ami
Il y a quelque nonchalance,
Peut-être quelque pauvreté
Dans ton amour plein de silence;
Je le sens cette nuit d'été.
L'espace étoilé qui nous lie
Par ses zéphyrs et son odeur
Ressemble plus à ma folie
Qu'à ta noble et simple pudeur.
Tu penses à toi en vivant,
Tout ton être en toi persévère;
Moi par l'arôme et par le vent
Je rejoins les sublimes sphères.
L'infini qui respire et luit
S'accorderait avec mon être
Si le ciel pouvait me connaître
Et si j'appartenais à lui !
Mais toi, sans même que tu saches
D'où me vient ma triste fureur,
D'où vient que mon désir s'attache
À ta vive et sourde pâleur,
Tu vis tranquillement, content
De sentir ton esprit à l'aise
Parmi tous mes soins, et pourtant
Je n'aime pas que tu me plaises !
Je n'aime pas ce dévouement
Que suscite en moi quelque charme
De ta voix; de tes mouvements,
Toutes tes innocentes armes !
Depuis le jour où je t'aimai
Ma fierté s'irrite et réclame,
Je ne me pardonne jamais
Cette reddition de l'âme !
Àh! laisse-moi te fuir, afin
De te retrouver en moi-même,
Selon ma soif, selon ma faim,
Et suffisant pour que je t'aime !
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| Envoyer à un ami
Impérieux mais indolent,
Tu parcours durement la vie,
Ayant jadis connu l'envie
De rêver, d'un coeur triste et lent.
Mais, comme un lutteur qu'on offense,
Tu repousses d'un brusque élan
Ces noblesses de ton enfance;
Ton oeil est froid et vigilant.
- Puissé-je, mourir en brûlant !
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| Envoyer à un ami
J'ai perdu l'univers puisque tu me suffis,
Je vois qu'il appartient aux autres; quelquefois
Je songe à la grandeur que l'espace eut en moi,
Mais j'ai quitté l'azur à cause que tu vis.
Je regarde et j'entends les secrets mouvements
De l'infini, des sons, des parfums, des couleurs;
Mais l'air, l'arbre, les monts ne sont qu'un vêtement
Que j'écarte des doigts comme une humble vapeur,
Pour que tu restes seul parmi les éléments
À vivre dans la vie ainsi que dans mon coeur...
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| Envoyer à un ami
J'ai puissamment goûté l'orgueil
D'avoir reçu de la nature
L'éclat bondissant d'un bel oeil,
Archer double de la figure;
J'ai souvent, devant des miroirs,
Ressenti la force contente
De m'arrêter, d'apercevoir
Une héroïne palpitante;
Mais combien faible est la valeur
D'un visage pur et vainqueur,
Alors que je t'offre un tel coeur !
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| Envoyer à un ami
J'ai souffert, lutté; - bien souvent,
Par un élan fourbe et secret,
Je faisais un pas en avant,
Croyant que je t'esquiverais !
J'ai serré, j'ai broyé mon coeur,
Et, comme dit François Villon,
« Sué Dieu sait quelle sueur! »
Mais au bout de ce temps si long
Je suis sur le même chemin
Que j'avais cru fuir bravement,
Et sournoise, et plus fortement,
Je cherche tes yeux et ta main;
Je vois que j'ai tout employé,
La peur, la réprobation,
Le courage ferme ou ployé,
À détruire ma passion;
Et me voici, l'esprit têtu
Hélas! et mieux fait pour souffrir!
Le corps qui s'est trop débattu
N'a plus la force de mourir...
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