Poème calme - 48 Poèmes sur calme


48 poèmes


Phonétique (Cliquez pour la liste complète) : caillâmes calame calames calâmes calamité calma calmai calmais calmait calmâmes calmas calmât calme calmé calmée calmées calmes calmés calmi calmîmes calmis calmit calmît calumet coagulâmes coagulum coagulums collâmes colmaté ...


Au courant de l'amour lorsque je m'abandonne,
Dans
le torrent divin quand je plonge enivré,
Et
presse éperdument sur mon sein qui frissonne
Un
être idolâtre.

Je
sais que je n'étreins qu'une forme fragile,
Qu
'elle peut à l'instant se glacer sous ma main,
Que
ce cœur tout à moi, fait de flamme et d'argile,
Sera
cendre demain ;

Qu
'il n'en sortira rien, rien, pas une étincelle
Qui
s'élance et remonte à son foyer lointain :
Un
peu de terre en hâte, une pierre qu'on scelle,
Et
tout est bien éteint.

Et
l'on viendrait serein, à cette heure dernière,
Quand
des restes humains le souffle a déserté,
Devant
ces froids débris, devant cette poussière
Parler
d'éternité !

L
'éternité ! Quelle est cette étrange menace ?
A
l'amant qui gémit, sous son deuil écrase,
Pourquoi
jeter ce mot qui terrifie et glace
Un
cœur déjà brisé ?

Quoi !
le ciel, en dépit de la fosse profonde,
S
'ouvrirait à l'objet de mon amour jaloux ?
C
'est assez d'un tombeau, je ne veux pas d'un monde
Se
dressant entre nous.

On
me répond en vain pour calmer mes alarmes !
« L
'être dont sans pitié la mort te sépara,
Ce
ciel que tu maudis, dans le trouble et les larmes,
Le
ciel te le rendra. »

Me
le rendre, grand Dieu ! mais ceint d'une auréole,
Rempli
d'autres pensers, brûlant d'une autre ardeur,
N
'ayant plus rien en soi de cette chère idole
Qui
vivait sur mon cœur !

Ah!
j'aime mieux cent fois que tout meure avec elle,
Ne
pas la retrouver, ne jamais la revoir ;
La
douleur qui me navre est certes moins cruelle
Que
votre affreux espoir.

Tant
que je sens encor, sous ma moindre caresse,
Un
sein vivant frémir et battre à coups pressés,
Qu
'au-dessus du néant un même flot d'ivresse
Nous
soulève enlacés,

Sans
regret inutile et sans plaintes amères,
Par
la réalité je me laisse ravir.
Non
, mon cœur ne s'est pas jeté sur des chimères :
Il
sait où s'assouvir.

Qu
'ai-je affaire vraiment de votre là-haut morne,
Moi
qui ne suis qu'élan, que tendresse et transports ?
Mon
ciel est ici-bas, grand ouvert et sans borne ;
Je
m'y lance, âme et corps.

Durer
n'est rien. Nature, ô créatrice, ô mère !
Quand
sous ton œil divin un couple s'est uni,
Qu
'importe à leur amour qu'il se sache éphémère
S
'il se sent infini ?

C
'est une volupté, mais terrible et sublime,
De
jeter dans le vide un regard éperdu,
Et
l'on s'étreint plus fort lorsque sur un abîme
On
se voit suspendu.

Quand
la Mort serait là, quand l'attache invisible
Soudain
se délierait qui nous retient encor,
Et
quand je sentirais dans une angoisse horrible
M
'échapper mon trésor,

Je
ne faiblirais pas. Fort de ma douleur même,
Tout
entier à l'adieu qui va nous séparer,
J
'aurais assez d'amour en cet instant suprême
Pour
ne rien espérer.
Paroles d’un Amant
Poèmes de Louise Ackermann

Citations de Louise Ackermann
Plus sur ce poème | Commenter le poème | Imprimer le poème
| Envoyer à un ami | Voter pour ce poème | 1528 votes


Ciel pur dont la douceur et l'éclat sont les charmes,
Monts blanchis, golfe calme aux contours gracieux,
Votre splendeur m'attriste, et souvent à mes yeux
Votre divin sourire a fait monter les larmes.

Du compagnon chéri que m'a pris le tombeau
Le souvenir lointain me suit sur ce rivage.
Souvent je me reproche, ô soleil sans nuage !
Lorsqu'il ne te voit plus, de t'y trouver si beau.
In memoriam (II)
Poèmes de Louise Ackermann

Citations de Louise Ackermann
Plus sur ce poème | Voter pour ce poème | 154 votes