Poème vendre - 4 Poèmes sur vendre


4 poèmes


Phonétique (Cliquez pour la liste complète) : vendeur vendeurs vendirent vendra vendrai vendraient vendrais vendrait vendras vendre vendredi vendredis vendrez vendriez vendrions vendrons vendront viander viandera vianderai vianderaient vianderais vianderait vianderas viandèrent vianderez vianderiez vianderions vianderons ...

L'impôt du pauvre de Agénor Altaroche


Le percepteur trouve qu'on tarde ;
Il
veut être payé ce soir.
J'ai quelques sous, mais je les garde
Pour
vous acheter du pain noir.
Si
je n'en porte à votre mère,
Enfants
, la soupe manquera !...
Va payer l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

Le
travail, toute la semaine,
Charge
mes membres harassés ;
Eh
bien ! Que m'importe la peine,
Lorsque
pour vous je gagne assez !
Le
soir, en me couchant, j'espère
Qu
'un meilleur jour demain luira...
Va payer l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

La faim !... par les miens endurée !...
A l'Etat il faut de l'argent,
Et
c'est pour nourrir sa livrée
Que
le lise se montre exigeant.
Le
budget qu'on nous délibère
A
plus d'un milliard montera.
Va
payer l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

Quoi ! Pas de pain pour ma famille !
Le trône a besoin de splendeur.
On
veut que tout courtisan brille ;
Au
pays cela fait honneur.
Tout
l'hiver, chaque ministère
Par
ordre de jours recevra.
Va
payer l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

Pour engraisser leur politique
Faudra-t-il
vendre nos haillons !
A nos vieux amis d'Amérique
On
a pavé vingt-cinq millions.
Le
czar présente avec colère
Un
vieux compte... on le réglera.
Va
payer l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

Ma bourse et mon buffet sont vides...
Paris de merveilles s'emplit,
On
bâtit des palais splendides,
Versailles
même s'embellit.
Tribut
d'une terre étrangère,
L
'obélisque se dressera.
Va
payer l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

Avoir faim ! Ô pensée affreuse !
On a faim dans tous les pays.
Des
pauvres la race est nombreuse ;
Ils
en ont cent mille à Paris.
Gras
de luxe et de bonne chère,
Jack
au fond d'an palais vivra.
Va
paver l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

Chers enfants ! Souffrir à votre âge !
L'argent du fisc est bien placé.
Il
fallait un pont au village,
C
'est un chemin qu'on a tracé.
Le
préfet possède une terre,
Tout
près la route passera.
Va
payer l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

Payer, quand chez moi la disette...
C'est là notre rôle éternel ;
Nous
payons pour notre piquette,
Pour
notre hutte et notre sel.
Ces
taxes, incurable ulcère,
Le
riche seul les votera...
Va
payer l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

Enfants, le besoin vous dévore ;
Je
dois garder mes derniers sous !
Qui dort dîne... Il nous reste encore
Un
seul lit pour nous coucher tous.
Paie
... ou ce grabat de misère
Le
recors demain le vendra.
Va
payer l'impôt, pauvre père ;
Nous
mangerons... quand Dieu voudra.

L'impôt du pauvre un poème de Agénor Altaroche

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Le Meunier, son Fils, et l'Ane de Jean de La Fontaine


L'invention des arts étant un droit d'aînesse,
Nous devons l'apologue à l'ancienne Grèce ;
Mais ce champ ne se peut tellement
Que les derniers venus n'y trouvent à glaner.
La feinte est un pays plein de terres désertes ;
Tous les jours nos auteurs y font des découvertes.
Je t'en veux dire un trait assez bien inventé :
Autrefois à Racan Malherbe l'a conté.
Ces deux rivaux d'Horace, héritiers de sa lyre,
Disciples d'Apollon, nos maîtres, pour mieux dire,
Se rencontrant un jour tout seuls et sans témoins
(Comme ils se confiaient leurs pensers et leurs soins),
Racan commence ainsi : " Dites-moi, je vous prie,
Vous qui devez savoir les choses de la vie,
Qui par tous ses degrés avez déjà passé,
Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé,
A quoi me résoudrai-je ? Il est temps que j'y pense.
Vous connaissez mon bien, mon talent, ma naissance :
Dois-je dans la province établir mon séjour,
Prendre emploi dans l'armée, ou bien charge à la cour ?
Tout le monde est mêlé d'amertume et de charmes :
La guerre a ses douceurs, l'hymen a ses alarmes :
Si je suivais mon goût, je sauraisbuter ;
Mais j'ai les miens, la cour, le peuple à contenter. "
Malherbe là-dessus : " Contenter tout le monde !
Écoutez ce récit avant que je réponde.

J
'ai lu dans quelque endroit qu'un meunier et son fils,
L'un vieillard, l'autre enfant, non pas des plus petits,
Mais garçon de quinze ans, si j'ai bonne mémoire,
Allaient vendre leur âne, un certain jour de foire.
Afin qu'il fût plus frais et de meilleur débit,
On lui lia les pieds, on vous le suspendit ;
Puis cet homme et son fils le portent comme un lustre,
Pauvres gens, idiots, couple ignorant et rustre !
Le premier qui les vit de rire s'éclata :
“ Quelle farce, dit-il, vont jouer ces gens-là ?
Le plus âne des trois n'est pas celui qu'on pense. ”
Le meunier, à ces mots, connaît son ignorance ;
Il met sur pieds sa bête, et la fait détaler.
L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller,
Se plaint en son patois. Le meunier n'en a cure ;
Il fait monter son fils, il suit, et d'aventure
Passent trois bons marchands. Cet objet leur déplut.
Le plus vieux au garçon s'écria tant qu'il put :
“ Oh là oh, descendez, que l'on ne vous le dise,
Jeune homme, qui menez laquais à barbe grise !
C'était à vous de suivre, au vieillard de monter.
- Messieurs, dit le Meunier, il vous faut contenter. ”
L'enfant met pied à terre, et puis le vieillard monte,
Quand trois filles passant, l'une dit : “ C'est grand honte
Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils,
Tandis que ce nigaud, comme un évêque assis,
Fait le veau sur son âne, et pense être bien sage.
- Il n'est, dit le meunier, plus de veaux à mon âge :
Passez votre chemin, la fille, et m'en croyez. ”
Après maints quolibets coup sur coup renvoyés,
L'homme crut avoir tort, et mit son fils en croupe.
Au bout de trente pas, une troisième troupe
Trouve encore à gloser. L'un dit : “ Ces gens sont fous !
Le baudet n'en peut plus ; il mourra sous leurs coups.
quoi ? charger ainsi cette pauvre bourrique !
N'ont-ils point de pitié de leur vieux domestique ?
Sans doute qu'à la foire ils vont vendre sa peau.
- Parbleu ! dit le Meunier, est bien fou du cerveau
Qui prétend contenter tout le monde et son père.
Essayons toutefois si par quelque manière
Nous en viendrons à bout. ” Ils descendent tous deux.
L'âne se prélassant marche seul devant eux.
Un quidam les rencontre, et dit : “ Est-ce la mode
Que baudet aille à l'aise, et meunier s'incommode ?
Qui de l'âne ou du maître est fait pour se lasser ?
Je conseille à ces gens de le faire enchâsser.
Ils usent leurs souliers, et conservent leur âne.
Nicolas, au rebours ; car, quand il va voir Jeanne,
Il monte sur sa bête ; et la chanson le dit.
Beau trio de baudets ! ” Le meunier repartit :
“ Je suis âne, il est vrai, j'en conviens, je l'avoue ;
Mais que dorénavant on me blâme, on me loue,
Qu'on dise quelque chose ou qu'on ne dise rien,
J'en veux faire à ma tête. ” Il le fit, et fit bien.

Quant
à vous, suivez Mars, ou l'Amour, ou le Prince ;
Allez, venez, courez ; demeurez en province ;
Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement :
Les gens en parleront, n'en doutez nullement. "

Le Meunier, son Fils, et l'Ane un poème de Jean de La Fontaine

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Les voleurs et l'Ane de Jean de La Fontaine


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Namouna - Chant troisième de Alfred de Musset


vais-je ?suis-je ?
Classiques français

I

Je
jure devant Dieu que mon unique envie
Etait
de raconter une histoire suivie.
Le
sujet de ce conte avait quelque douceur,
Et
mon héros peut-être eût su plaire au lecteur.
J
'ai laissé s'envoler ma plume avec sa vie,
En
voulant prendre au vol les rêves de son cœur.

 

II

Je
reconnais bien là ma tactique admirable.
Dans
tout ce que je fais j'ai la triple vertu
D
'être à la fois trop court, trop long, et décousu.
Le
poème et le plan, les héros et la fable,
Tout
s'en va de travers, comme sur une table
Un
plat cuit d'un côté, pendant que l'autre est cru.
 

III


Le
théâtre à coup sûr n'était pas mon affaire.
Je
vous demande un peu quel métier j'y ferais,
Et
de quelle façon je m'y hasarderais,
Quand
j'y vois trébucher ceux qui, dans la carrière
Debout
depuis vingt ans sur leur pensée altière,
Du
pied de leurs coursiers ne doutèrent jamais.
 

IV

Mes
amis à présent me conseillent d'en rire,

De
couper sous l'archet les cordes de ma lyre,
Et
de remettre au vert Hassan et Namouna.
Mais
j'ai dit que l'histoire existait, — la voilà.
Puisqu
'en son temps et lieu je n'ai pas pu l'écrire,
Je
vais la raconter ; l'écrira qui voudra.
 

V

Un
jeune musulman avait donc la manie
D
'acheter aux bazars deux esclaves par mois.

L
'une et l'autre à son lit ne touchait que trois fois.
Le
quatrième jour, l'une et l'autre bannie,
Libre
de toute chaîne, et la bourse garnie,
Laissait
la porte ouverte à quelque nouveau choix.
 

VI

Il
se trouva du nombre une petite fille
Enlevée
à Cadix chez un riche marchand.
Un
vieux pirate grec l'avait trouvé gentille,

Et
, comme il connaissait quelqu'un de sa famille,
La
voyant au logis toute seule en passant,
Il
l'avait à son brick emportée en causant.
 

 

VTII

Hassan
toute sa vie aima les Espagnoles.
Celle
ci l'enchanta, — si bien qu'en la quittant,
Il
lui donna lui-même un sac plein de pistoles,
Par-dessus
le marché quelques douces paroles,

Et
voulut la conduire à bord d'un bâtiment
Qui
pour son cher pays partait par un bon vent.
 

VIII

Mais
la pauvre Espagnole au cœur était blessée.
Elle
le laissait faire et n'y comprenait rien,
Sinon
qu'Île était bale, et qu'elle l'aimait bien.
Elle
lui répondit : Pourquoi m'as-tu chassée ?

Si
je te déplaisais, que ne m'as-tu laissée ?
N
'as-tu rien dans le cœur de m'avoir pris le mien ?
 

IX

Elle
s'en fut au port, et s'assit en silence,
Tenant
son petit sac, et n'osant murmurer.
Mais
quand elle sentit sur cette mer immense
Le
vaisseau s'émouvoir et les vents soupirer,

Le
cœur lui défaillit, et perdant l'espérance,
Elle
baissa son voile et se prit à pleurer.
 

X

Il
arriva qu'alors six jeunes Africaines
Entraient
dans un bazar, les bras chargés de chaînes.
Sur
les tapis de soie un vieux juif étalait
Ces
beaux poissons dorés, pris d'un coup de filet.
La
foule trépignait, les cages étaient pleines,

Et
la chair marchandée au soleil se tordait.
 

XI

Par
un double hasard Hassan vint à paraître.
Namouna
se leva, s'en fut trouver le vieux :
Je suis blonde, dit-elle, et je pourrais peut-être
Me
vendre un peu plus cher avec de faux cheveux
Mais
je ne voudrais pas qu'on pût me reconnaître.
Peignez-moi
les sourcils, le visage et les yeux.

 

XII

Alors
, comme autrefois Constance pour Camille,
Elle
prit son poignard et coupa ses habits.
Vendez-moi maintenant, dit-elle, et, pour le prix,
Nous
n'en parlerons pas. Ainsi la pauvre fille
Vint
reprendre sa chaîne aux barreaux d'une grille,
Et
rapporter son cœur aux yeux qui l'avaient pris
 

XIII


Je
vous dirais qu'Hassan racheta Namouna
Qu
'au lit de son amant le juif la ramena ;
Qu
'on reconnut trop tard cette tête adorée ;
Et
cette douce nuit qu'elle avait espérée,
Que
pour prix de ses maux le ciel la lui donna.
 

XIV

Je
vous dirai surtout qu'Hassan dans cette affaire

Sentit
que tôt ou tard la femme avait son tour,
Et
que l'amour de soi ne vaut pas l'autre amour.
Mais
le hasard peut tout, — et ce qu'on lui voit faire
Nous
a souvent appris que le bonheur sur terre
Peut
n'avoir qu'une nuit, comme la gloire un jour.

Namouna - Chant troisième un poème de Alfred de Musset

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