Poème saisir - 7 Poèmes sur saisir


7 poèmes


Phonétique : saisie-arrêt saisir saisira saisirai saisirais saisirait saisiras susurra susurrai susurrais susurrait susurras susurrât susurre susurré susurrée susurrées susurres susurrés

Le déluge de Louise Ackermann


À VICTOR HUGO

Tu l'as dit : C'en est fait ; ni fuite ni refuge
Devant l'assaut prochain et furibond des flots.
Ils avancent toujours. C'est sur ce mot, Déluge,
Poète de malheur, que ton livre s'est clos.
Mais comment osa-t-il échapper à ta bouche ?
Ah ! pour le prononcer, même au dernier moment,
Il fallait ton audace et ton ardeur farouche,
Tant il est plein d'horreur et d'épouvantement.
Vous êtes avertis : c'est une fin de monde
Que ces flux, ces rumeurs, ces agitations.
Nous n'en sommes encore qu'aux menaces de l'onde,
À demain les fureurs et les destructions.

Déjà depuis longtemps, saisis de terreurs vagues,
Nous regardions la mer qui soulevait son sein,
Et nous nous demandions : « Que veulent donc ces vagues ?
On dirait qu'elles ont quelque horrible dessein. »
Tu viens de le trahir ce secret lamentable ;
Grâce à toi, nous savons à quoi nous en tenir.
Oui, le Déluge est là, terrible, inévitable ;
Ce n'est pas l'appeler que de le voir venir.

Pourtant, nous l'avouerons, si toutes les colères
De ce vaste océan qui s'agite et qui bout,
N'allaient qu'à renverser quelques tours séculaires
Que nous nous étonnions de voir encore debout,
Monuments que le temps désagrège ou corrode,
Et qui nous inspiraient une secrète horreur :
Obstacles au progrès, missel usé, vieux code,
Où se réfugiaient l'injustice et l'erreur,
Des autels délabrés, des trônes en décombre
Qui nous rétrécissaient à dessein l'horizon,
Et dont les débris seuls projetaient assez d'ombre
Pour retarder longtemps l'humaine floraison,
Nous aurions à la mer déjà crié : « Courage !
Courage ! L'oeuvre est bon que ton onde accomplit. »
Mais quoi ! ne renverser qu'un môle ou qu'un barrage ?
Ce n'est pas pour si peu qu'elle sort de son lit.
Ses flots, en s'élançant par-dessus toute cime,
N'obéissent, hélas ! qu'à d'aveugles instincts.
D'ailleurs, sachez-le bien, ces enfants de l'abîme,
Pour venir de plus bas, n'en sont que plus hautains.
Rien ne satisfera leur convoitise immense.
Dire : « Abattez ceci, mais respectez cela, »
N'amènerait en eux qu'un surcroît de démence ;
On ne fait point sa part à cet Océan-là.
Ce qu'il lui faut, c'est tout. Le même coup de houle
Balaiera sous les yeux de l'homme épouvanté
Le phare qui s'élève et le temple qui croule,
Ce qui voilait le jour ou donnait la clarté,
L'obscure sacristie et le laboratoire,
Le droit nouveau, le droit divin et ses décrets,
Le souterrain profond et le haut promontoire
D'où nous avions déjà salué le Progrès.
Tout cela ne fera qu'une ruine unique.
Avenir et passé s'y vont amonceler.
Oui, nous le proclamons, ton Déluge est inique :
Il ne renversera qu'afin de niveler.
Si nous devons bientôt, des bas-fonds en délire,
Le voir s'avancer, fier de tant d'écroulements,
Du moins nous n'aurons pas applaudi de la lyre
Au triomphe futur d'ignobles éléments.
Nous ne trouvons en nous que des accents funèbres,
Depuis que nous savons l'affreux secret des flots.
Nous voulions la lumière, ils feront les ténèbres ;
Nous rêvions l'harmonie, et voici le chaos.

Vieux monde, abîme-toi, disparais, noble arène
jusqu'au bout l'Idée envoya ses lutteurs,
Où le penseur lui-même, à sa voix souveraine,
Pour combattre au besoin, descendait des hauteurs.
Tu ne méritais pas, certes, un tel cataclysme,
Toi si fertile encore, ô vieux sol enchanté !
D'où pour faire jaillir des sources d'héroïsme,
Il suffisait d'un mot, Patrie ou Liberté !
Un océan fangeux va couvrir de ses lames
Tes sillonsgermaient de sublimes amours,
Terrain cher et sacré, fait d'alluvions d'âmes,
Et qui ne demandais qu'à t'exhausser toujours.
Que penseront les cieux et que diront les astres,
Quand leurs rayons en vain chercheront tes sommets,
Et qu'ils assisteront d'en haut à tes désastres,
Eux qui croyaient pouvoir te sourire à jamais ?
De quel œil verront-ils, du fond des mers sans borne,
À la placejadis s'étalaient tes splendeurs,
Émerger brusquement dans leur nudité morne,
Des continents nouveaux sans verdure et sans fleurs ?
Ah ! si l'attraction à la céleste voûte
Par de fermes liens ne les attachait pas,
Ils tomberaient du ciel ou changeraient de route,
Plutôt que d'éclairer un pareil ici-bas.
Nous que rien ne retient, nous, artistes qu'enivre
L'Idéal qu'ardemment poursuit notre désir,
Du moins nous n'aurons point la douleur de survivre
Au monde où nous avions espéré le saisir.
Nous serons les premiers que les vents et que l'onde
Emporteront brisés en balayant nos bords.
Dans les gouffres ouverts d'une mer furibonde,
N'ayant pu les sauver, nous suivrons nos trésors.
Après tout, quand viendra l'heure horrible et fatale,
En plein déchaînement d'aveugles appétits,
Sous ces flots gros de haine et de rage brutale,
Les moins à plaindre encore seront les engloutis.

Le déluge un poème de Louise Ackermann

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La Nature à l’Homme de Louise Ackermann


Dans tout l'enivrement d'un orgueil sans mesure,
Ébloui
des lueurs de ton esprit borné,
Homme
, tu m'as crié : « Repose-toi, Nature !
Ton
œuvre est close : je suis né ! »

Quoi !
lorsqu'elle a l'espace et le temps devant elle,
Quand
la matière est là sous son doigt créateur,
Elle
s'arrêterait, l'ouvrière immortelle,
Dans
l'ivresse de son labeur?

Et
c'est toi qui serais mes limites dernières ?
L
'atome humain pourrait entraver mon essor ?
C
'est à cet abrégé de toutes les misères
Qu
'aurait tendu mon long effort ?

Non
, tu n'es pas mon but, non, tu n'es pas ma borne
A
te franchir déjà je songe en te créant ;
Je
ne viens pas du fond de l'éternité morne.
Pour
n'aboutir qu'à ton néant.

Ne
me vois-tu donc pas, sans fatigue et sans trêve,
Remplir
l'immensité des œuvres de mes mains ?
Vers
un terme inconnu, mon espoir et mon rêve,
M
'élancer par mille chemins,

Appelant
, tour à tour patiente ou pressée,
Et
jusqu'en mes écarts poursuivant mon dessein,
A
la forme, à la vie et même à la pensée
La
matière éparse en mon sein ?

J
'aspire ! C'est mon cri, fatal, irrésistible.
Pour
créer l'univers je n'eus qu'à le jeter ;
L
'atome s'en émut dans sa sphère invisible,
L
'astre se mit à graviter.

L
'éternel mouvement n'est que l'élan des choses
Vers
l'idéal sacré qu'entrevoit mon désir ;
Dans
le cours ascendant de mes métamorphoses
Je
le poursuis sans le saisir ;

Je
le demande aux cieux, à l'onde, à l'air fluide,
Aux
éléments confus, aux soleils éclatants ;
S
'il m'échappe ou résiste à mon étreinte avide,
Je
le prendrai des mains du Temps.

Quand
j'entasse à la fois naissances, funérailles,
Quand
je crée ou détruis avec acharnement,
Que
fais-je donc, sinon préparer mes entrailles
Pour
ce suprême enfantement ?

Point
d'arrêt à mes pas, point de trêve à ma tâche !
Toujours
recommencer et toujours repartir.
Mais
je n'engendre pas sans fin et sans relâche
Pour
le plaisir d'anéantir.

J
'ai déjà trop longtemps fait œuvre de marâtre,
J
'ai trop enseveli, j'ai trop exterminé,
Moi
qui ne suis au fond que la mère idolâtre
D
'un seul enfant qui n'est pas né.

Quand
donc pourrai-je enfin, émue et palpitante,
Après
tant de travaux et tant d'essais ingrats,
A
ce fils de mes vœux et de ma longue attente
Ouvrir
éperdument les bras ?

De
toute éternité, certitude sublime !
Il
est conçu ; mes flancs l'ont senti s'agiter.
L
'amour qui couve en moi, l'amour que je comprime
N
'attend que Lui pour éclater.

Qu
'il apparaisse au jour, et, nourrice en délire,
Je
laisse dans mon sein ses regards pénétrer.
-
Mais un voile te cache. - Eh bien ! je le déchire :
Me
découvrir c'est me livrer.

Surprise
dans ses jeux, la Force est asservie.
Il
met les Lois au joug. A sa voix, à son gré,
Découvertes
enfin, les sources de la Vie
Vont
épancher leur flot sacré.

Dans
son élan superbe Il t'échappe, ô Matière !
Fatalité
, sa main rompt tes anneaux d'airain !
Et
je verrai planer dans sa propre lumière
Un
être libre et souverain.

serez-vous alors, vous qui venez de naître,
Ou
qui naîtrez encore, ô multitude, essaim,
Qui
, saisis tout à coup du vertige de l'être,
Sortiez
en foule de mon sein ?

Dans
la mort, dans l'oubli. Sous leurs vagues obscures
Les
âges vous auront confondus et roulés,
Ayant
fait un berceau pour les races futures
De
vos limons accumulés.

Toi-même
qui te crois la couronne et le faîte
Du
monument divin qui n'est point achevé,
Homme
, qui n'es au fond que l'ébauche imparfaite
Du
chef-d'œuvre que j'ai rêvé,

A
ton tour, à ton heure, if faut que tu périsses.
Ah !
ton orgueil a beau s'indigner et souffrir,
Tu
ne seras jamais dans mes mains créatrices
Que
de l'argile à repétrir.

La Nature à l’Homme un poème de Louise Ackermann

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Idylle de Alfred de Musset


A quoi passer la nuit quand on soupe en carême ?
Ainsi
, le verre en main, raisonnaient deux amis.
Quels
entretiens choisir, honnêtes et permis,
Mais
gais, tels qu'un vieux vin les conseille et les aime ?

RODOLPHE


Parlons
de nos amours ; la joie et la beauté
Sont
mes dieux les plus chers, après la liberté.
Ébauchons
, en trinquant, une joyeuse idylle.
Par
les bois et les prés, les bergers de Virgile
Fêtaient
la poésie à toute heure, en tout lieu ;
Ainsi
chante au soleil la cigale-dorée.
D
'une voix plus modeste, au hasard inspirée,
Nous
, comme le grillon, chantons au coin du feu.

ALBERT


Faisons
ce qui te plaît. Parfois, en cette vie,
Une
chanson nous berce et nous aide à souffrir,
Et
, si nous offensons l'antique poésie,
Son
ombre même est douce à qui la sait chérir.


RODOLPHE


Rosalie
est le nom de la brune fillette
Dont
l'inconstant hasard m'a fait maître et seigneur.
Son
nom fait mon délice, et, quand je le répète,
Je
le sens, chaque fois, mieux gravé dans mon coeur.

ALBERT


Je
ne puis sur ce ton parler de mon amie.
Bien
que son nom aussi soit doux à prononcer,
J e
ne saurais sans honte à tel point l'offenser,
Et
dire, en un seul mot, le secret de ma vie.

RODOLPHE


Que
la fortune abonde en caprices charmants
Dès
nos premiers regards nous devînmes amants.
C
'était un mardi gras dans une mascarade ;
Nous
soupions ; - la Folie agita ses grelots,
Et
notre amour naissant sortit d'une rasade,
Comme
autrefois Vénus de l'écume des flots.

ALBERT


Quels
mystères profonds dans l'humaine misère !
Quand
, sous les marronniers, à côté de sa mère,
Je
la vis, à pas lents, entrer si doucement
(Son
front était si pur, son regard si tranquille ! ),
Le
ciel m'en est témoin, dès le premier moment,
Je
compris que l'aimer était peine inutile ;
Et
cependant mon coeur prit un amer plaisir
À
sentir qu'il aimait et qu'il allait souffrir !

RODOLPHE


Depuis
qu'à mon chevet rit cette tête folle,
Elle
en chasse à la fois le sommeil et l'ennui ;
Au
bruit de nos baisers le temps joyeux s'envole,
Et
notre lit de fleurs n'a pas encore un pli.

ALBERT


Depuis
que dans ses yeux ma peine a pris naissance,
Nul
ne sait le tourment dont je suis déchiré.
Elle-même
l'ignore, - et ma seule espérance
Est
qu'elle le devine un jour, quand j'en mourrai.

RODOLPHE


Quand
mon enchanteresse entr'ouvre sa paupière,
Sombre
comme la nuit, pur comme la lumière,
Sur
l'émail de ses yeux brille un noir diamant.

ALBERT


Comme
sur une fleur une goutte de pluie,
Comme
une pâle étoile au fond du firmament,
Ainsi
brille en tremblant le regard de ma vie.

RODOLPHE


Son
front n'est pas plus grand que celui de Vénus.
Par
un noeud de ruban deux bandeaux retenus
L
'entourent mollement d'une fraîche auréole ;
Et
, lorsqu'au pied du lit tombent ses longs cheveux,
On
croirait voir, le soir, sur ses flancs amoureux,
Se
dérouler gaiement la mantille espagnole.

ALBERT


Ce
bonheur à mes yeux n'a pas été donné
De
voir jamais ainsi la tête bien-aimée.
Le
chaste sanctuairesiège sa pensée
D
'un diadème d'or est toujours couronné.

RODOLPHE


Voyez-la
, le matin, qui gazouille et sautille ;
Son
coeur est un oiseau, - sa bouche est une fleur.
C
'est là qu'il faut saisir cette indolente fille,
Et
, sur la pourpre vive où le rire pétille,
De
son souffle enivrant respirer la fraîcheur.

ALBERT


Une
fois seulement, j'étais le soir près d'elle ;
Le
sommeil lui venait et la rendait plus belle ;
Elle
pencha vers moi son front plein de langueur,
Et
, comme on voit s'ouvrir une rose endormie,
Dans
un faible soupir, des lèvres de ma mie,
Je
sentis s'exhaler le parfum de son coeur.

RODOLPHE


Je
voudrais voir qu'un jour ma belle dégourdie,
Au
cabaret voisin de champagne étourdie,
S
'en vînt, en jupon court, se glisser dans tes bras.
Qu
'adviendrait-il alors de ta mélancolie ?
Car
enfin toute chose est possible ici-bas.

ALBERT


Si
le profond regard de ma chère maîtresse
Un
instant par hasard s'arrêtait sur le tien,
Qu
'adviendrait-il alors de cette folle ivresse ?
Aimer
est quelque chose, et le reste n'est rien.

RODOLPHE


Non
, l'amour qui se tait n'est qu'une rêverie.
Le
silence est la mort, et l'amour est la vie ;
Et
c'est un vieux mensonge à plaisir inventé,
Que
de croire au bonheur hors, de la volupté !
Je
ne puis partager ni plaindre ta souffrance
Le
hasard est là-haut pour les audacieux ;
Et
celui dont la crainte a tué l'espérance
Mérite
son malheur et fait injure aux dieux.

ALBERT


Non
, quand leur âme immense entra dans la nature,
Les
dieux n'ont pas tout dit à la matière impure
Qui
reçut dans ses flancs leur forme et leur beauté.
C
'est une vision que la réalité.
Non
, des flacons brisés, quelques vaines paroles
Qu
'on prononce au hasard et qu'on croit échanger,
Entre
deux froids baisers quelques rires frivoles,
Et
d'un être inconnu le contact passager,
Non
, ce n'est pas l'amour, ce n'est pas même un rêve,
Et
la satiété, qui succède au désir,
Amène
un tel dégoût quand le coeur se soulève,
Que
je ne sais, au fond, si c'est peine ou plaisir.

RODOLPHE


Est-ce
peine ou plaisir, une alcôve bien close,
Et
le punch allumé, quand il fait mauvais temps ?
Est-ce
peine ou plaisir, l'incarnat de la rose,
La
blancheur de l'albâtre et l'odeur du printemps ?
Quand
la réalité ne serait qu'une image,
Et
le contour léger des choses d'ici-bas,
Me
préserve le ciel d'en savoir davantage !
Le
masque est si charmant, que j'ai peur du visage,
Et
même en carnaval je n'y toucherais pas.

ALBERT


Une
larme en dit plus que tu n'en pourrais dire.

RODOLPHE


Une
larme a son prix, c'est la soeur d'un sourire.
Avec
deux yeux bavards parfois j'aime à jaser ;
Mais
le seul vrai langage au monde est un baiser.

ALBERT


Ainsi
donc, à ton gré dépense ta paresse.
O
mon pauvre secret ! que nos chagrins sont doux !

RODOLPHE


Ainsi
donc, à ton gré promène ta tristesse.
O
mes pauvres soupers ! comme on médit de vous !

ALBERT


Prends
garde seulement que ta belle étourdie
Dans
quelque honnête ennui ne perde sa gaieté.

RODOLPHE


Prends
garde seulement que ta rose endormie
Ne
trouve un papillon quelque beau soir d'été.

ALBERT


Des
premiers feux du jour j'aperçois la lumière.

RODOLPHE


Laissons
notre dispute et vidons notre verre.
Nous
aimons, c'est assez, chacun à sa façon.
J
'en ai connu plus d'une, et j'en sais la chanson.
Le
droit est au plus fort, en amour comme en guerre,
Et
la femme qu'on aime aura toujours raison.

Idylle un poème de Alfred de Musset

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Poème de l'amour de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles


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Poème de l'amour de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles


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Poème de l'amour de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles


Sauf toi, tous les humains regards
Peuvent
s'assurer de ma peine;
Loin
de toi, je gis, l'oeil hagard,
Sans
voix, et respirant à peine.

Que
fais-tu, toi qui n'es aimé
Que
de moi seule avec extase ?
Saurai-je
desceller le vase
De
ton beau sourire fermé ?

Se
peut-il qu'il soit admissible
Quand
tout dans l'amour est possible
Que
je périsse de désir ?
-
Bel être qu'on ne peut saisir,
Âme
ferme, calme, têtue,
Confiante
en des lendemains,
Lorsque
, moi, chaque heure me tue,
Pourquoi
ne pas tendre ta main
À
ma main qui, rien qu'en touchant
Ton
poignet nonchalant et triste,
M
'indiquerait pourquoi j'existe,
Et
me restituerait mon chant !...

Poème de l'amour un poème de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

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Ta forme est un éclair qui laisse les bras vides de Renée Vivien


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