Poème ouverts - 9 Poèmes sur ouverts


9 poèmes


Phonétique : oeuvrâtes ouverte ouvertement ouvertes ouverts ouverture ouvertures ouvrâtes ouvrîtes ovarite ovarites

Prométhée de Louise Ackermann


Frappe encor, Jupiter, accable-moi, mutile
L
'ennemi terrassé que tu sais impuissant !
Écraser
n'est pas vaincre, et ta foudre inutile
S
'éteindra dans mon sang,

Avant
d'avoir dompté l'héroïque pensée
Qui
fait du vieux Titan un révolté divin ;
C
'est elle qui te brave, et ta rage insensée
N
'a cloué sur ces monts qu'un simulacre vain.
Tes
coups n'auront porté que sur un peu d'argile ;
Libre
dans les liens de cette chair fragile,
L
'âme de Prométhée échappe à ta fureur.
Sous
l'ongle du vautour qui sans fin me dévore,
Un
invisible amour fait palpiter encore
Les
lambeaux de mon cœur.

Si
ces pics désolés que la tempête assiège
Ont
vu couler parfois sur leur manteau de neige
Des
larmes que mes yeux ne pouvaient retenir,
Vous
le savez, rochers, immuables murailles
Que
d'horreur cependant je sentais tressaillir,
La
source de mes pleurs était dans mes entrailles ;
C
'est la compassion qui les a fait jaillir.

Ce
n'était point assez de mon propre martyre ;
Ces
flancs ouverts, ce sein qu'un bras divin déchire
Est
rempli de pitié pour d'autres malheureux.
Je
les vois engager une lutte éternelle ;
L
'image horrible est là ; j'ai devant la prunelle
La
vision des maux qui vont fondre sur eux.
Ce
spectacle navrant m'obsède et m'exaspère.
Supplice
intolérable et toujours renaissant,
Mon
vrai, mon seul vautour, c'est la pensée amère
Que
rien n'arrachera ces germes de misére
Que
ta haine a semés dans leur chair et leur sang.

Pourtant
, ô Jupiter, l'homme est ta créature ;
C
'est toi qui l'as conçu, c'est toi qui l'as formé,
Cet
être déplorable, infirme, désarmé,
Pour
qui tout est danger, épouvante, torture,
Qui
, dans le cercle étroit de ses jours enfermé,
Étouffe
et se débat, se blesse et se lamente.
Ah !
quand tu le jetas sur la terre inclémente,
Tu
savais quels fléaux l'y devaient assaillir,
Qu
'on lui disputerait sa place et sa pâture,
Qu
'un souffle l'abattrait, que l'aveugle Nature
Dans
son indifférence allait l'ensevelir.
Je
l'ai trouvé blotti sous quelque roche humide,
Ou
rampant dans les bois, spectre hâve et timide
Qui
n'entendait partout que gronder et rugir,
Seul
affamé, seul triste au grand banquet des êtres,
Du
fond des eaux, du sein des profondeurs champêtres
Tremblant
toujours de voir un ennemi surgir.

Mais
quoi ! sur cet objet de ta haine immortelle,
Imprudent
que j'étais, je me suis attendri ;
J
'allumai la pensée et jetai l'étincelle
Dans
cet obscur limon dont tu l'avais pétri.
Il
n'était qu'ébauché, j'achevai ton ouvrage.
Plein
d'espoir et d'audace, en mes vastes desseins
J
'aurais sans hésiter mis les cieux au pillage,
Pour
le doter après du fruit de mes larcins.
Je
t'ai ravi le feu ; de conquête en conquête
J
'arrachais de tes mains ton sceptre révéré.
Grand
Dieu ! ta foudre à temps éclata sur ma tête ;
Encore
un attentat, l'homme était délivré !

La
voici donc ma faute, exécrable et sublime.
Compatir
, quel forfait ! Se dévouer, quel crime !
Quoi !
j'aurais, impuni, défiant tes rigueurs,
Ouvert
aux opprimés mes bras libérateurs ?
Insensé !
m'être ému quand la pitié s'expie !
Pourtant
c'est Prométhée, oui, c'est ce même impie
Qui
naguère t'aidait à vaincre les Titans.
J
'étais à tes côtés dans l'ardente mêlée ;
Tandis
que mes conseils guidaient les combattants,
Mes
coups faisaient trembler la demeure étoilée.
Il
s'agissait pour moi du sort de l'univers :
Je
voulais en finir avec les dieux pervers.

Ton
règne allait m'ouvrir cette ère pacifique
Que
mon cœur transporté saluait de ses vœux.
En
son cours éthéré le soleil magnifique
N
'aurait plus éclairé que des êtres heureux.
La
Terreur s'enfuyait en écartant les ombres
Qui
voilaient ton sourire ineffable et clément,
Et
le réseau d'airain des Nécessités sombres
Se
brisait de lui-même aux pieds d'un maître aimant.
Tout
était joie, amour, essor, efflorescence ;
Lui-même
Dieu n'était que le rayonnement
De
la toute-bonté dans la toute-puissance.

O
mes désirs trompés ! O songe évanoui !
Des
splendeurs d'un tel rêve, encor l'œil ébloui,
Me
retrouver devant l'iniquité céleste.
Devant
un Dieu jaloux qui frappe et qui déteste,
Et
dans mon désespoir me dire avec horreur :
« Celui
qui pouvait tout a voulu la douleur ! »

Mais
ne t'abuse point ! Sur ce roc solitaire
Tu
ne me verras pas succomber en entier.
Un
esprit de révolte a transformé la terre,
Et
j'ai dès aujourd'hui choisi mon héritier.
Il
poursuivra mon œuvre en marchant sur ma trace,
qu'il est comme moi pour tenter et souffrir.
Aux
humains affranchis je lègue mon audace,
Héritage
sacré qui ne peut plus périr.
La
raison s'affermit, le doute est prêt à naître.
Enhardis
à ce point d'interroger leur maître,
Des
mortels devant eux oseront te citer :
Pourquoi
leurs maux ? Pourquoi ton caprice et ta haine ?
Oui
, ton juge t'attend, - la conscience humaine ;
Elle
ne peut t'absoudre et va te rejeter.

Le
voilà, ce vengeur promis à ma détresse !
Ah !
quel souffle épuré d'amour et d'allégresse
En
traversant le monde enivrera mon cœur
Le
jour où, moins hardie encor que magnanime,
Au
lieu de l'accuser, ton auguste victime
Niera
son oppresseur !

Délivré
de la Foi comme d'un mauvais rêve,
L
'homme répudiera les tyrans immortels,
Et
n'ira plus, en proie à des terreurs sans trêve,
Se
courber lâchement au pied de tes autels.
Las
de le trouver sourd, il croira le ciel vide.
Jetant
sur toi son voile éternel et splendide,
La
Nature déjà te cache à son regard ;
Il
ne découvrira dans l'univers sans borne,
Pour
tout Dieu désormais, qu'un couple aveugle et morne,
La
Force et le Hasard.

Montre-toi
, Jupiter, éclate alors, fulmine,
Contre
ce fugitif à ton joug échappé !
Refusant
dans ses maux de voir ta main divine,
Par
un pouvoir fatal il se dira frappé.
Il
tombera sans peur, sans plainte, sans prière ;
Et
quand tu donnerais ton aigle et ton tonnerre
Pour
l'entendre pousser, au fort de son tourment,
Un
seul cri qui t'atteste, une injure, un blasphème,
Il
restera muet : ce silence suprême
Sera
ton châtiment.

Tu
n'auras plus que moi dans ton immense empire
Pour
croire encore en toi, funeste Déité.
Plutôt
nier le jour ou l'air que je respire
Que
ta puissance inique et que ta cruauté.
Perdu
dans cet azur, sur ces hauteurs sublimes,
Ah !
j'ai vu de trop près tes fureurs et tes crimes ;
J
'ai sous tes coups déjà trop souffert, trop saigné ;
Le
doute est impossible à mon cœur indigné.
Oui !
tandis que du Mal, œuvre de ta colère,
Renonçant
désormais à sonder le mystère,
L
'esprit humain ailleurs portera son flambeau,
Seul
je saurai le mot de cette énigme obscure,
Et
j'aurai reconnu, pour comble de torture,
Un
Dieu dans mon bourreau.

Prométhée un poème de Louise Ackermann

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Les Malheureux de Louise Ackermann


La trompette a sonné. Des tombes entr'ouvertes
Les
pâles habitants ont tout à coup frémi.
Ils
se lèvent, laissant ces demeures désertes
dans l'ombre et la paix leur poussière a dormi.
Quelgues
morts cependant sont restés immobiles ;
Ils
ont tout entendu, mais le divin clairon
Ni
l'ange qui les presse à ces derniers asiles
Ne
les arracheront.

« Quoi !
renaître ! revoir le ciel et la lumière,
Ces
témoins d'un malheur qui n'est point oublié,
Eux
qui sur nos douleurs et sur notre misère
Ont
souri sans pitié !

Non
, non ! Plutôt la Nuit, la Nuit sombre, éternelle !
Fille
du vieux Chaos, garde-nous sous ton aile.
Et
toi, sœur du Sommeil, toi qui nous as bercés,
Mort
, ne nous livre pas ; contre ton sein fidèle
Tiens-nous
bien embrassés.

Ah!
l'heure où tu parus est à jamais bénie ;
Sur
notre front meurtri que ton baiser fut doux !
Quand
tout nous rejetait, le néant et la vie,
Tes
bras compatissants, ô notre unique amie !
Se
sont ouverts pour nous.

Nous
arrivions à toi, venant d'un long voyage,
Battus
par tous les vents, haletants, harassés.
L
'Espérance elle-même, au plus fort de l'orage,
Nous
avait délaissés.

Nous
n'avions rencontré que désespoir et doute,
Perdus
parmi les flots d'un monde indifférent ;
d'autres s'arrêtaient enchantés sur la route,
Nous
errions en pleurant.

Près
de nous la Jeunesse a passé, les mains vides,
Sans
nous avoir fêtés, sans nous avoir souri.
Les
sources de l'amour sous nos lèvres avides,
Comme
une eau fugitive, au printemps ont tari.
Dans
nos sentiers brûlés pas une fleur ouverte.
Si
, pour aider nos pas, quelque soutien chéri
Parfois
s'offrait à nous sur la route déserte,
Lorsque
nous les touchions, nos appuis se brisaient :
Tout
devenait roseau quand nos cœurs s'y posaient.
Au
gouffre que pour nous creusait la Destinée
Une
invisible main nous poussait acharnée.
Comme
un bourreau, craignant de nous voir échapper,
A
nos côtés marchait le Malheur inflexible.
Nous
portions une plaie à chaque endroit sensible,
Et
l'aveugle Hasard savait où nous frapper.

Peut-être
aurions-nous droit aux celestes délices ;
Non !
ce n'est point à nous de redouter l'enfer,
Car
nos fautes n'ont pas mérité de supplices :
Si
nous avons failli, nous avons tant souffert !
Eh
bien, nous renonçons même à cette espérance
D
'entrer dans ton royaume et de voir tes splendeurs,
Seigneur !
nous refusons jusqu'à ta récompense,
Et
nous ne voulons pas du prix de nos douleurs.

Nous
le savons, tu peux donner encor des ailes
Aux
âmes qui ployaient sous un fardeau trop lourd ;
Tu
peux, lorsqu'il te plaît, loin des sphères mortelles,
Les
élever à toi dans la grâce et l'amour ;
Tu
peux, parmi les chœurs qui chantent tes louanges,
A
tes pieds, sous tes yeux, nous mettre au premier rang,
Nous
faire couronner par la main de tes anges,
Nous
revêtir de gloire en nous transfigurant.
Tu
peux nous pénétrer d'une vigueur nouvelle,
Nous
rendre le désir que nous avions perdu…
Oui
, mais le Souvenir, cette ronce immortelle
Attachée
à nos cœurs, l'en arracheras-tu ?

Quand
de tes chérubins la phalange sacrée
Nous
saluerait élus en ouvrant les saints lieux,
Nous
leur crierions bientôt d'une voix éplorée :
« Nous
élus ? nous heureux ? Mais regardez nos yeux !
Les
pleurs y sont encor, pleurs amers, pleurs sans nombre.
Ah !
quoi que vous fassiez, ce voile épais et sombre
Nous
obscurcit vos cieux. »

Contre
leur gré pourqoui ranimer nos poussières ?
Que
t'en reviendra-t-il ? et que t'ont-elles fait ?
Tes
dons mêmes, après tant d'horribles misères,
Ne
sont plus un bienfait.

Au !
tu frappas trop fort en ta fureur cruelle.
Tu
l'entends, tu le vois ! la Souffrance a vaincu.
Dans
un sommeil sans fin, ô puissance éternelle !
Laisse-nous
oublier que nous avons vécu.

Les Malheureux un poème de Louise Ackermann

Plus sur ce poème >>📃📋Poème de Louise Ackermann (n° 4)  Voter pour ce poème848 votes

L'abeille de Louise Ackermann


Quand l'abeille, au printemps, confiante et charmée,
Sort de la ruche et prend son vol au sein des airs,
Tout l'invite et lui rit sur sa route embaumée.
L'églantier berce au vent ses boutons entr'ouverts ;
La clochette des prés incline avec tendresse
Sous le regard du jour son front pâle et léger.

L'abeille cède émue au désir qui la presse ;
Elle aperçoit un lis et descend s'y plonger.
Une fleur est pour elle une mer de délices.
Dans son enchantement, du fond de cent calices
Elle sort trébuchant sous une poudre d'or.
Son fardeau l'alourdit, mais elle vole encor.
Une rose est là-bas qui s'ouvre et la convie ;
Sur ce sein parfumé tandis qu'elle s'oublie,
Le soleil s'est voilé. Poussé par l'aquilon,
Un orage prochain menace le vallon.
Le tonnerre a grondé. Mais dans sa quête ardente
L'abeille n'entend rien, ne voit rien, l'imprudente !
Sur les buissons en fleur l'eau fond de toute part ;
Pour regagner la ruche il est déjà trop tard.
La rose si fragile, et que l'ouragan brise,
Referme pour toujours son calice odorant ;
La rose est une tombe, et l'abeille surprise
Dans un dernier parfum s'enivre en expirant.

Qui dira les destins dont sa mort est l'image ?
Ah ! combien parmi nous d'artistes inconnus,
Partis dans leur espoir par un jour sans nuage,
Des champs qu'ils parcouraient ne sont pas revenus !
Une ivresse sacrée aveuglait leur courage ;
Au gré de leurs désirs, sans craindre les autans,
Ils butinaient au loin sur la foi du printemps.
Quel retour glorieux l'avenir leur apprête !
À ces mille trésors épars sur leur chemin
L'amour divin de l'art les guide et les arrête :
Tout est fleur aujourd'hui, tout sera miel demain.
Ils revenaient déjà vers la ruche immortelle ;
Un vent du ciel soufflait, prêt à les soulever.
Au milieu des parfums la Mort brise leur aile ;
Chargés comme l'abeille, ils périssent comme elle
Sur le butin doré qu'ils n'ont pas pu sauver.

L'abeille un poème de Louise Ackermann

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La fête à l'Hôtel de Ville de Agénor Altaroche


19 juin 1837

Accourez
vite à nos splendides fêtes !
Ici
banquets, là concert, ailleurs bal.
Les
diamants rayonnent sur les têtes,
Le
vin rougit les coupes de cristal.
Ce
luxe altier qui partout se déroule,
Le
peuple va le payer en gros sous.
Municipaux
, au loin chassez la foule.
Amusons-nous
!

Quel
beau festin ! mets précieux et rares,
Dont
à prix d'or on eut chaque morceau,
Vins
marchandés aux crus les plus avares
Et
que le temps a scellés de son sceau...
Quel
est ce bruit ?... - Rien, c'est un prolétaire
Qui
meurt de faim à quelques pas de vous.
-
Un homme mort ?... C'est fâcheux ! Qu'on l'enterre.
Enivrons-nous
!

Voici
des fruits qu'à l'automne
Vole
à grand frais l'été pour ces repas :
, c'est l'Aï dont la mousse écumeuse
Suit
le bouchon qui saute avec fracas...
Qu
'est-ce ?... un pétard que la rage éternelle
Des
factieux ? - Non, non, rassurez-vous !
Un
commerçant se brûle la cervelle...
Enivrons-nous
!

Duprez
commence... Ô suaves merveilles !
Gais
conviés, désertez vos couverts.
C
'est maintenant le bouquet des oreilles ;
On
va chanter pour mille écus de vers.
Quel
air plaintif vient jusqu'en cette enceinte ?...
Garde
, alerte ! En prison traînez tous
Ce
mendiant qui chante une complainte...
Enivrons-nous
!

Femmes
, au bal ! La danse vous appelle ;
Des
violons entendez les accords.
Mais
une voix d'en haut nous interpelle .
Tremblez
! tremblez ! vous dansez sur les morts
Ce
sol maudit que votre valse frôle,
Le
fossoyeur le foulait avant nous...
Tant
mieux ! la terre est sous nos pieds plus molle.
Trémoussez-vous
!

Chassons
bien loin cette lugubre image
Qui
du plaisir vient arrêter l'essor.
Déjà
pâlit sous un autre nuage
Notre
horizon de parures et d'or.
C
'est Waterloo... Pardieu, que nous importe !
Quand
l'étranger eut tiré les verroux,
On
nous a vu entrer par cette porte...
Trémoussez-vous
!

Çà
, notre fête est brillante peut-être ?
Elle
a coûté neuf cent vingt mille francs.
Qu
'en reste-t-il ? Rien... sur une fenêtre,
Au
point du jour, des lampions mourants.
Quand
le soleil éclairera l'espace,
Cent
mobiliers seront vendus dessous.
Vite
, aux recors, calèches, faites place...
Éloignons-nous
!

La fête à l'Hôtel de Ville un poème de Agénor Altaroche

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L'amoureuse de Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard


Elle est debout sur mes paupières
Et
ses cheveux sont dans les miens,
Elle
a la forme de mes mains,
Elle
a la couleur de mes yeux,
Elle
s'engloutit dans mon ombre
Comme
une pierre sur le ciel.

Elle
a toujours les yeux ouverts
Et
ne me laisse pas dormir.
Ses
rêves en pleine lumière
Font
s'évaporer les soleils,
Me
font rire, pleurer et rire,
Parler
sans avoir rien à dire.

L'amoureuse un poème de Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard

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Le Renard et les Raisins de Jean de La Fontaine


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Le Lièvre et les Grenouilles de Jean de La Fontaine


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Poème de l'amour de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles


Il faudra bien pourtant que le jour vienne, un jour,
je ne pourrai plus t'aimer,
mon coeur sera dur, mon esprit sombre et sourd,
Ma
main froide et mes yeux fermés !

Cet
inutile effort pour ne pas te quitter,
Ce
vain espoir de vivre encor,
L
'horreur de déserter ma place à ton côté,
C
'est cela, rien d'autre, la mort !

Ce
n'est plus cette angoisse et ce scandale altier.
De
sombrer dans un noir séjour,
De
ne plus se sentir robuste et de moitié
Dans
tous les mouvements du jour !

Ce
n'est plus ce regret et ce décent orgueil
D
'adresser aux cieux constellés
L
'adieu méditatif et stupéfait d'un oeil
Qui
fut à leurs astres mêlé,

-
Mais n'être plus, parmi les humains inconnus,
Qui
vont chacun à leur labeur,
La
main forte et fidèle où tes doigts ont tenu,
Le
sein où s'est posé ton coeur;

N
'être plus le secret qui dit: C'est moi qui prends
Ce
qui te tourmente et te nuit;
N
'être plus ce désir anxieux et souffrant
Qui
songe à ton sommeil, la nuit;

N
'être plus ce brasier, qui tient ses feux couverts,
Dont
parfois tu n'as pas besoin !
Hais
qui saurait t'offrir un brûlant univers,
Si
tes voeux réclamaient ce soin.

N
'avoir plus, - ayant tout acquis et possédé,
-
Cette tâche, modeste enfin,
De
pouvoir, sans emphase, être prête à t'aider
Quand
ton esprit a soif et faim,

Voilà
ce qui m'effraie et comble de douleur
Une
âme à présent sans fierté.
Car
j'ai vraiment rendu de suffisants honneurs
Aux
cieux inhumains de l'été !...

Poème de l'amour un poème de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

Plus sur ce poème >>📃📋Poème de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles (n° 193)  Voter pour ce poème209 votes

La Dormeuse de Paul Valéry


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